Cérémonie des Oscars – 2019 [1/2]

Nous sommes dans la 8ème semaine de l’année (déjà) et dimanche, c’est la 91ème Cérémonie des Oscars ! Woo !

Comme chaque année depuis 1929, il est l’heure d’enfiler son plus beau costume ou sa plus belle robe de gala pour la cérémonie de récompenses la plus prestigieuse du 7ème Art. Et la susdite cérémonie promet pour ses 90 ans d’être pour le moins surprenante ! Des Oscars hétéroclites, à la fois réminiscents de ceux de 2017 – Willem Dafoe nommé à un Oscar d’acteur pour un film que personne n’a vu, Sam Rockwell nommé au Meilleur Acteur dans un Second Rôle, Alexandre Desplat à la Bande Originale, des prothèses faciales au Meilleur Maquillage, un réalisateur mexicain au Meilleur Réalisateur, et un film majoritairement Afro-Américain d’un genre jamais vu au Meilleur Film avec Black Panther qui succède à Get Out – mais aussi complètement novateurs – Black Panther est le premier film de superhéros à recevoir autant de nominations notamment la nomination ultime, trois films taclant le racisme sont nommés au Meilleur Film, un réalisateur de Meilleur Film Étranger est nommé dans une des catégories principales, Melissa McCarthy prouve qu’elle est une excellente actrice, Netflix fait une entrée triomphale avec 13 nominations bien loin des considérations du Festival de Cannes qui a du mal à statuer sur l’éligibilité des films de la plateforme, et il n’y aura pas de présentateurs ce qui est une première depuis 1989.

33 films nommés dans les catégories principales, avec une majorité de 10 nominations pour La Favorite de Yorgos Lanthimos et Roma d’Alfonso Cuarón ex-aequo. Mentions spéciales à Cicely Tyson, Lalo Schifrin et Marvin Levy qui ont reçu l’Oscar d’Honneur cette année, ainsi qu’à Kathleen Kennedy et Frank Marshall qui ont reçu le Prix Irving G. Thalberg (l’équivalent de l’Oscar d’Honneur pour les producteurs). Comme l’an dernier, on omettra les catégories des courts-métrages et des documentaires puisque je ne les ai pas vus et donc ne peux les juger.

Je rappelle que l’avis que je donne ici est totalement subjectif, à bon entendeur. C’est parti mon Billy, bienvenue au 7ème Café pour mes pronostics sur la 91ème Cérémonie des Oscars !

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Merci Meryl, c’est trop d’honneur !

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

  • Mahershala Ali, pour le rôle de Donald « Doc » Shirley dans Green Book
  • Adam Driver, pour le rôle de Philip « Flip » Zimmerman dans BlacKkKlansman
  • Sam Elliott, pour le rôle de Bobby Maine dans A Star Is Born
  • Richard E. Grant, pour le rôle de Jack Hock dans Can You Ever Forgive Me ?
  • Sam Rockwell, pour le rôle de George W. Bush dans Vice

Il a beau avoir un nom imprononçable, Mahershala Ali n’en reste pas moins un acteur au talent certain et après l’avoir démontré dans Moonlight il y a deux ans, il s’apprête à réitérer son exploit et à ajouter un deuxième Oscar du Meilleur Acteur dans un Second Rôle sur son étagère. On pourra penser ce que l’on veut de Green Book, mais Ali est la qualité principale du film et il est saisissant dans le rôle de ce pianiste Afro-Américain qui garde la tête haute en toutes circonstances malgré l’adversité. La scène de dispute dans la voiture est à cœur ouvert, et rien que pour ça cet homme mérite sa statuette.

Oh yeah !

MEILLEURS MAQUILLAGES ET COIFFURES

  • Border
  • Mary Stuart, reine d’Écosse
  • Vice

« Hé les gars, vous vous souvenez de l’an dernier quand Kazuhiro Tsuji a gagné l’Oscar des Meilleurs Maquillages et Coiffures pour ses prothèses de Winston Churchill ? Ce serait bien si on pouvait recréer un homme politique comme ça pour Vice.
– Ah ouais bonne idée ! Je vais changer Christian Bale en Dick Cheney.
– Ouais super !
– Et aussi Amy Adams en sa femme.
– Wow. OK, c’est génial ! Mais tu sais, un seul ça suffisa…
– … Et Tyler Perry en Colin Powell.
– Le mec qui a 19 nominations aux Razzie Awards ? T’es vraiment sûr ?
– Ah oui et j’oubliais Sam Rockwell en George W. Bush.
– Attends, quoi ?
– Et c’est comme ça qu’on gagne un Oscar ! »

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Pas mal, les gars, pas mal.

MEILLEURS COSTUMES

J’avoue avoir hésité avec La Favorite devant la somptuosité des robes portées par les trois actrices principales dans le film. Mais donner un Oscar des Meilleurs Costumes à un film d’époque, c’est trop facile. C’est pourquoi après mûres réflexions, je pense que Black Panther et sa costumière Ruth E. Carter prennent la tête. Les tenues wakandiennes sont magnifiques, le travail des couleurs, des motifs et des matériaux est extraordinaire, et des techniques innovantes comme l’impression 3D ont même été utilisées, pour la robe de la Reine Ramonda par exemple. Sans oublier que Carter a porté une attention particulière à s’inspirer des tenues traditionnelles de tout le continent africain pour rendre hommage à ses cultures formidables. Mais je crois que celle qui en parlera le mieux, c’est elle-même :

MEILLEUR SON et MEILLEUR MONTAGE SONORE

Roma est le portrait d’une femme de ménage, mais aussi celui d’une ville en effervescence, et cette effervescence passe majoritairement par son atmosphère sonore foisonnante. Le travail de Sergio Díaz, Skip Lievsay, Craig Henighan et José Antonio Garcia est tout bonnement hallucinant, si bien qu’il ne se passe pas une minute de film sans qu’un fond sonore ne vienne accompagner les actions de premier plan. Des voitures qui passent, des avions qui vrombissent, des chiens qui aboient… Tout un peuple invisible mais bien présent qui envahit l’espace et nous fait plonger au cœur du Mexique des années 70 : on s’y croirait.

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Premier gif pour Roma. Sûrement pas le dernier.

MEILLEURS DÉCORS ET DIRECTION ARTISTIQUE

  • Black Panther
  • First Man
  • La Favorite
  • Le Retour de Mary Poppins
  • Roma

Que serait une reine sans son château ? En tous cas, celui d’Anne d’Angleterre dans La Favorite est somptueux à bien des égards. Les pièces sont immenses et décorées avec goût, tapissées de splendides œuvres et remplies de mille et uns détails qui ajoutent à l’élégance un brin décalée du lieu. Des tonnes et des tonnes d’accessoires sont éparpillés çà et là, participant subtilement mais immanquablement à la recréation de cette ambiance XVIIIème siècle dans laquelle se meuvent sa Majesté et ses favorites, la cerise sur le gâteau étant bien sûr les milliers de bougies qui illuminent le palais.

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Je crois que le lit de la Reine fait la taille de ma chambre.

MEILLEUR FILM ÉTRANGER

  • Capharnaüm (Liban)
  • Roma (Mexique)
  • Une Affaire de Famille (Japon)
  • Cold War (Pologne)
  • Werk ohne Autor (Allemagne)

Oui, alors. Le problème avec Roma, c’est que comme il est déjà nommé au Meilleur Film, c’est un peu logique qu’il obtienne d’office l’Oscar du Meilleur Film Étranger. C’est tout, j’ai même pas besoin d’argumenter. Mais c’est un peu dommage parce que du coup ça éclipse totalement les autres films de la catégorie qui valent pourtant le coup d’oeil, notamment Cold War qui est servi par une réalisation et une cinématographie très qualitatives. M’enfin, ainsi va la vie !

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Arrête de faire ta tête de Chat Potté pour avoir l’Oscar toi !

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

  • Amy Adams, pour le rôle de Lynne Cheney dans Vice
  • Marina de Tavira, pour le rôle de Sofia dans Roma
  • Regina King, pour le rôle de Sharon Rivers dans Si Beale Street Pouvait Parler
  • Emma Stone, pour le rôle de Abigail Masham dans La Favorite
  • Rachel Weisz, pour le rôle de Sarah Churchill dans La Favorite

Être mère de famille, comme on l’a vu dans United States of Tara, ce n’est pas un rôle facile tous les jours. Une mère doit être protectrice, attentionnée envers ses enfants et féroce quand il s’agit de les défendre. Elle porte bien souvent le poids de sa famille toute entière sur ses épaules, prête à aller au bout du monde pour elle s’il le fallait. Et bien Regina King dans Si Beale Street Pouvait Parler, elle est tout ça. Elle incarne douceur et ire, dans un film où les regards parlent plus que les mots, avec une subtilité éblouissante et une beauté incroyable autant dans sa rage que ses pleurs. Une lionne, tout simplement.

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Donnez un Oscar à cette femme !

MEILLEUR FILM D’ANIMATION

  • Les Indestructibles 2
  • L’Île aux Chiens
  • Miraï, ma petite soeur
  • Ralph 2.0
  • Spider-Man : Nouvelle Génération

Que ce soit clair, net et précis : Spider-Man : Nouvelle Génération a 99% de chances de remporter l’Oscar. Tout le monde dit qu’il est génial, que c’est un des meilleurs films de superhéros de tous les temps et qu’il aurait même mérité d’être nommé au Meilleur Film. Le problème, c’est que je ne l’ai pas vu à l’heure où j’écris ces lignes – et c’est pas faute d’avoir essayé. Donc mon pronostic est qu’il va gagner, mais je ne peux pas personnellement justifier pourquoi, Billy. Je noterai quand même que mon favori parmi les autres est L’Île aux Chiens, une prouesse d’animation servie par un casting extraordinaire et un scénario très Andersonien. Allez, suivant.

Il est venu, je l’ai pas vu, il a vaincu.

MEILLEURS EFFETS SPÉCIAUX

Est ce que j’ai vraiment besoin de justifier celui-là ? Franchement ? Tout dans Avengers : Infinity War est une claque visuellement, et c’est d’autant plus vrai que quasiment les trois quarts des scènes sont sur fond vert. Les planètes sont resplendissantes, particulièrement Vormir, les batailles sont hallucinantes, les effets spéciaux sont des prouesses techniques, et le design de Thanos qui est entièrement fait en numérique est ahurissant de réalisme et parvient à retranscrire les émotions de Josh Brolin à la perfection. Il n’y a pas photo.

Oh on va se souvenir de toi Thanos, ne t’inquiète pas.

MEILLEUR MONTAGE

Le montage est précisément l’atout principal de Vice, comme il était celui de The Big Short du même réalisateur en 2015. C’est en alternant scènes de fiction et images d’archives que McKay crée son style de pseudo-documentaire, en jouant avec les arrêts sur image et les incursions inattendues qu’il nous divertit, en faisant sembler d’arrêter le film par trois fois qu’il nous agrippe, et en faisant valser les repas de famille avec les bombardements de l’Irak qu’il amplifie l’effroi d’un monstre invisible du nom de Cheney. Dick Cheney.

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« Hahaha il a dit bite ! »

MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTÉ

  • La Ballade de Buster Scruggs, adapté de Gorge Dorée de Jack London et La Fille Qui Fut Sonnée de Stewart Edward White
  • BlacKkKlansman, adapté de l’autobiographie Black Klansman de Ron Stallworth
  • Can You Ever Forgive Me ?, adapté de l’autobiographie éponyme de Lee Israel
  • Si Beale Street Pouvait Parler, adapté roman éponyme de James Baldwin
  • A Star Is Born, adapté des scripts des deux films éponymes précédents

D’accord, là je prends un peu mes désirs pour des réalités. En toute objectivité, on est dans le même cas que Logan l’an dernier et il y a peu de chances que La Ballade de Buster Scruggs remporte l’Oscar. Mais laisse moi tout de même justifier pourquoi il devrait l’avoir. Le western des frères Coen est un film anthologique, c’est à dire qu’il réunit 6 histoires totalement différentes qui n’ont comme lien entre elles qu’un fil rouge commun. Là où je pense que le film mérite la statuette, c’est d’une part parce que sur les 6 seuls 2 récits sont des adaptations, et d’autre part parce que les Coen ont réussi à relier entre elles 5 histoires qui n’ont techniquement rien à voir, dont deux qu’ils n’ont pas écrites eux-mêmes, par un fil conducteur très pertinent et qu’ils réussissent à conclure le tout magistralement dans la sixième. Et ça, ça mérite quand même un minimum de reconnaissance.

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« Au moins un qui nous aime à notre juste valeur ! »

MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL

  • La Favorite
  • Green Book
  • Roma
  • Vice
  • Sur le chemin de la rédemption

Le film de Paul Schrader est une des petites perles passées inaperçues de l’année 2018, et je regrette de l’avoir découvert seulement après sa nomination, sa seule nomination, à l’Oscar du Meilleur Scénario Original. Sur le chemin de la rédemption est une œuvre profonde où la crise existentielle d’un révérend américain s’associe à la crise écologique mondiale, où l’homme dont on attend toutes les réponses est celui qui pose le plus de questions, et où le rêve au goût amer tourne lentement au cauchemar acide. Une réflexion intense sur la foi et le monde qui marque fortement l’esprit.

À ta santé !

MEILLEURE CINÉMATOGRAPHIE

  • Cold War
  • La Favorite
  • Werk Ohne Autor
  • A Star Is Born
  • Roma

La cinématographie de Roma est ce qui fait sa force. Depuis l’apparition de la couleur au cinéma, le noir et blanc n’est plus un standard contraint mais un choix artistique à part entière, et rares de nos jours sont ceux qui le manient avec autant de grâce qu’Alfonso Cuarón – même si Cold War n’est pas très loin derrière. Le travail de la lumière et de l’ombre fait ressortir les personnages au premier plan, et permet de jouer avec les reflets qui s’immiscent partout où ils le peuvent – carrosserie de voiture, vitre de bibliothèque, fenêtre ternie, sol lessivé – pour le plus grand plaisir de nos rétines.

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C’est BEAU !

MEILLEURE BANDE ORIGINALE

  • Black Panther
  • BlacKkKlansman
  • L’Île aux Chiens
  • Le Retour de Mary Poppins
  • Si Beale Street Pouvait Parler

S’il y a une chose qui m’a marquée dans Si Beale Street Pouvait Parler, outre la performance épatante de Regina King j’entends, c’est la bande originale de Nicholas Britell. Douce, délicate et angélique à l’image de l’héroïne du film, la musique de Beale Street accompagne le récit avec une justesse extraordinaire sans jamais l’éclipser. Elle apporte une élévation gracieuse bienvenue pour nous tirer, au moins momentanément, au dessus de la tristesse de la réalité, les violons épousant à la perfection les morceaux de Nina Simone ou Billy Preston. Je te laisse constater par toi-même Billy !

MEILLEURE CHANSON ORIGINALE

  • « All the Stars », de Kendrick Lamar dans Black Panther
  • « I’ll Fight », de Diane Warren dans RBG
  • « Où vont les Choses », de Mark Shaiman et Scott Wittman dans Le Retour de Mary Poppins
  • « Shallow », de Lady Gaga et Mark Ronson dans A Star Is Born
  • « When A Cowboy Trades His Spurs For Wings », de David Rawlings et Gillian Welch dans La Ballade de Buster Scruggs

Lady Gaga prouve qu’elle est une excellente actrice et Bradley Cooper un excellent chanteur. Dans A Star Is Born, leur duo fait des merveilles et si « I’ll Never Love Again » aurait pu prétendre à l’Oscar également, c’est bien « Shallow » qui est la performance la plus stupéfiante du film, et de l’année. La chanson commence comme une ballade magnifique avec Cooper avant que Gaga ne révèle sa vraie voix, seulement sa voix – et quelle voix ! – loin des effets qu’elle affectionne dans ses chansons, dans un crescendo ahurissant où le dernier refrain retentit comme un puissant cri d’espoir lancé directement vers le ciel. Un moment absolument incroyable.

MEILLEUR RÉALISATEUR

  • Spike Lee, pour BlacKkKlansman
  • Alfonso Cuarón, pour Roma
  • Yorgos Lanthimos, pour La Favorite
  • Adam McKay, pour Vice
  • Paweł Pawlikowski, pour Cold War

Pawlikowski et Lee se défendent bien, mais personne ne pourra résister à la caméra d’Alfonso Cuarón. Roma est une perle de réalisation, et Cuarón ayant endossé à la fois la casquette de réalisateur et de directeur de la photographie, il a le contrôle total de l’image pour le plus grand bien du film. Son cadre sublime Yalitza Aparicio et donne vie au quartier qui donne son nom au long-métrage dans un poème cinématographique dont lui seul a le secret, pour faire resplendir son histoire – et filmer la mer et ses reflets comme personne dans ses derniers instants.

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« Et là, tu regardes mon Oscar arriver par la droite ! »

MEILLEUR ACTEUR

  • Viggo Mortensen, pour le rôle de Frank « Tony La Tchatche » Vallelonga dans Green Book
  • Rami Malek, pour le rôle de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody
  • Willem Dafoe, pour le rôle de Vincent Van Gogh dans At Eternity’s Gate
  • Bradley Cooper, pour le rôle de Jackson « Jack » Maine dans A Star Is Born
  • Christian Bale, pour le rôle de Dick Cheney dans Vice

« Merci à Satan pour m’avoir donné l’inspiration pour jouer ce rôle. » C’est ainsi que Christian Bale a accepté son Golden Globe du Meilleur Acteur dans une Comédie ou un Film Musical le 6 janvier dernier pour le rôle de Dick Cheney dans Vice. Et ça ne pourrait être plus vrai ! Cheney est immonde, monstrueux, effroyable et terrifiant, et Bale le joue à merveille, jusque dans les moindres détails – postures, mimiques, façon d’ouvrir la bouche en parlant. Le portrait est glaçant, et la scène finale où l’ex Vice-Président américain se tourne droit vers la caméra et nous livre son dernier monologue m’a donné des frissons. Le pire dans tout ça, c’est que cette enflure est encore en vie. Mais le bon côté des choses, c’est que Christian Bale aura enfin son Oscar tant attendu !

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Rogntidju.

MEILLEURE ACTRICE

  • Melissa McCarthy, pour le rôle de Lee Israel dans Can You Ever Forgive Me ?
  • Lady Gaga, pour le rôle d’Ally Maine dans A Star Is Born
  • Olivia Colman, pour le rôle de la Reine Anne dans La Favorite
  • Glenn Close, pour le rôle de Joan Castleman dans The Wife
  • Yalitza Aparicio, pour le rôle de Cleodegaria « Cleo » Gutiérrez dans Roma

C’est, je crois, la catégorie qui a été la plus difficile à juger tant les 5 performances de cette liste sont extraordinaires. Glenn Close est magistrale, Lady Gaga fait preuve d’une humilité fantastique dans son jeu alors que c’est une star énorme, Yalitza Aparicio est bouleversante dans son premier rôle (!) et Melissa McCarthy épatante à mille lieues de ce à quoi elle nous avait habitué. Pourtant, s’il y en a une à qui doit revenir le sésame, c’est bien Olivia Colman dans La Favorite. C’est comme si elle prenait tout de la Reine Elizabeth II (qu’elle joue dans la saison 3 de The Crown) – et qu’elle faisait exactement le contraire. Elle est en craquage nerveux total, en roue libre, en passant son temps à hurler, que dis-je, à beugler, et dans le même temps nous émeut profondément pour au final rappeler qu’il n’y a qu’une seule Reine, et c’est elle.

« J’ai gagné l’Oscar ? Oh, je défaille ! »

LES SNOBÉS

Avant d’aborder la catégorie phare de la cérémonie, j’aimerais revenir sur quelques films qui auraient à mon avis mérité soit une nomination tout court, soit quelques unes de plus que celles qu’ils ont déjà récoltées. Après, c’est un avis tout à fait subjectif, mais tout de même. Voici donc les snobés de cette 91ème Cérémonie des Oscars !

Celui là n’est pas tant la faute de l’Académie que celle des responsables chinois. En effet, l’Oscar du Meilleur Film Étranger est particulier, puisque ce sont des comités nationaux qui proposent un film, et un seul, pour représenter leur pays, avant que l’Académie ne choisisse les 5 nominés. Et il se trouve que cette année la Chine a préféré nommer Hidden Man (que je n’ai pas vu donc je ne vais rien dire), un film d’action, plutôt qu’An Elephant Sitting Still. Résultat, ils n’ont même pas passé la shortlist. À mon avis, le récit élégiaque de Hu Bo aurait largement pu se faire un nid dans la catégorie, et dévoiler son désespoir baudelairien au grand public. « Le monde est une désolation ». Tu m’étonnes.

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T’inquiète pas, tu gagnes dans mon cœur ❤
  • Sans un Bruit (Meilleur Son)

Pour moi, les Oscars du Meilleur Son et du Meilleur Montage Sonore sont intrinsèquement liés. Et la non-nomination de Sans Un Bruit au Meilleur Son, alors qu’il est nommé au Meilleur Montage Sonore et que les quatre autres films sont nommés dans les deux catégories, me laisse perplexe. Surtout pour le remplacer par A Star Is Born ! Je veux dire, c’est dans le titre : « Sans un bruit » ! Tout ce qu’on entend dans le film est composé à 90% de bruitages et non de dialogues, alors j’ai du mal à comprendre… Même si je pense quand même que Roma aura les deux, l’Académie aurait au moins pu faire l’effort d’accorder la double nomination à un film qui se fonde littéralement sur son son.

Shhh… No tears, only dreams now.

J’ai été raisonné. Tu le sais Billy, Infinity War est un des mes films préférés, et j’aurais pu par mauvaise foi dire qu’il méritait plein de nominations. Mais j’ai la modestie d’admettre que ce n’est pas un accomplissement cinématographique majeur et qu’il n’a pas grand chose à faire aux Oscars, comme Black Panther d’ailleurs. Néanmoins, s’il y a une catégorie où le film aurait pu objectivement concourir, c’est à l’Oscar de la Meilleure Bande Originale. L’orchestration d’Alan Silvestri est épique, je dirais même orgasmique, et quand elle explose dans des scènes comme l’arrivée de Thor au Wakanda ou la quête de la Pierre de l’Âme, c’est l’extase totale. Sans parler de sa réinterprétation du thème principal des Avengers, qui est toujours aussi jouissive après 10 mois.

  • Sale Temps à l’Hôtel El Royale (Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour Cynthia Erivo)

Quand on y pense, les performances respectives de Cynthia Erivo dans Sale Temps à l’Hôtel El Royale et Regina King dans Si Beale Street Pouvait Parler ont beaucoup de choses en commun. Deux femmes noires, qui nous font passer par toutes les émotions possibles et imaginables, et qui ont une scène magnifique avec une perruque (drôle de critère à retrouver dans deux films, mais bon). En plus de ces parallèles, Erivo se permet aussi de chanter divinement bien, et de s’élever au dessus des autres acteurs malgré un casting exceptionnel composé entre autres de Jeff Bridges, Jon Hamm ou Chris Hemsworth. El Royale est un des films les plus sous-côtés de 2018, et il est important de souligner le talent de l’actrice pour changer cette donne.

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Ouh la, doucement Cynthia, je t’ai défendue !
  • Sur le chemin de la rédemption (Meilleur Réalisateur pour Paul Schrader, Meilleur Acteur pour Ethan Hawke)

Comme je l’ai déjà dit plus haut, Sur le chemin de la rédemption est une des pépites de l’année écoulée et elle n’a pas eue la reconnaissance qu’elle mérite, et aurait pu obtenir des nominations dans les catégories phares de la cérémonie. Si son scénario est sans aucun doute son atout principal, il ne serait rien la réalisation millimétrée de Paul Schrader qui transforme les mots en images, et la performance glaçante d’Ethan Hawke qui est tout à fait saisissant dans le rôle du Révérend Ernst Toller. Qu’on donne des Oscars à ces hommes !

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Regarde moi ce ciel !
  • Si Beale Street Pouvait Parler (Meilleure Cinématographie, Meilleur Acteur dans un Second Rôle pour Colman Domingo, Meilleur Réalisateur pour Barry Jenkins)

Alors. Techniquement, Si Beale Street Pouvait Parler n’a pas vraiment été snobé puisqu’il a quand même obtenu déjà trois nominations plutôt conséquentes, à savoir Meilleur Scénario Adapté, Meilleure Bande Originale et Meilleure Actrice dans un Second Rôle. Malgré tout, je pense que même s’il n’a pas la stature d’un Meilleur Film, le film mérite qu’on reconnaisse ses accomplissements cinématographiques et ses performances exceptionnelles. L’image de Barry Jenkins est extrêmement soignée et stylisée, et la directrice de casting a fait un travail formidable parce que quasiment tous les acteurs et actrices de Beale Street auraient pu avoir une nomination, avec une petite préférence personnelle pour Colman Domingo, qui est le parfait répondant paternel à la mère époustouflante jouée par Regina King.

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C’EST QUI LE PAPAAAAAA ?
  • First Man (Meilleure Bande Originale, Meilleure Cinématographie, Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour Claire Foy, Meilleur Réalisateur pour Damien Chazelle, Meilleur Film)

Lui, par contre, il s’est bien fait niquer sur toute la ligne – excuse mon langage Billy. Tout, mais tout destinait First Man à être un des gros concurrents des Oscars 2019, et en fait non. Un biopic sur un des plus grands héros américains doté d’un scénario formidable qui aborde des thèmes profonds, avec l’équipe de La La Land aux commandes (Chazelle à la réalisation, Gosling en acteur principal, et Hurwitz à la bande originale) ! Mais qu’est ce qui s’est passé ?! Damien Chazelle a dû cracher sur le président de l’Académie, c’est pas possible autrement. First Man aurait largement pu prendre la place de Black Panther dans les nommés au Meilleur Film et aurait été un sérieux prétendant, et je crois que le pire snobisme concerne Claire Foy qui est juste magistrale dans sa performance et qui ne récolte que du vent. Une nomination, ce n’est pourtant pas demander la Lune !

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Pardon Claire, je m’excuse pour cette blague.

MEILLEUR FILM

Le moment que tu attends depuis le début de cet article est enfin arrivé : voici mon avis sur l’Oscar du Meilleur Film ! On va juger film par film, jusqu’à atteindre celui qui, pour moi, surplombe les sept autres. Le compte à rebours est lancé !

  • Black Panther

Si tu me connais déjà un peu, tu sais ce que j’en pense. Black Panther ne méritait même pas d’être nommé, et il est temps que je m’explique une bonne fois pour toutes. Non, Black Panther n’est pas un mauvais film. Et j’ai jamais dit le contraire ! C’est simplement que c’est un Marvel comme les autres, voire même un des meilleurs de la saga, mais qu’il n’apporte rien sur aucun plan cinématographique ou culturel. Il n’est absolument pas la révolution afro-africaine telle que tout le monde l’encense, et la seule raison pour laquelle il se retrouve ici c’est parce que Disney fait un lobbying intolérable depuis un an. Alors oui, j’ai beaucoup aimé Black Panther, mais il n’a juste rien à foutre ici, c’est tout.

Bohemian Rhapsody souffre un peu du même problème que Black Panther, en ce sens qu’il n’a pas vraiment l’allure d’un Meilleur Film et qu’il ne se passe pas grand chose niveau cinématographique ou scénaristique. Néanmoins, il reste un moment de divertissement absolument jouissif (Le Live Aid, toi même tu sais) et est fondamentalement un biopic sur une personnalité hors du commun faisant partie d’une minorité – sexuelle, en l’occurrence – et ayant eu une vie tragique. Bref, un film comme les Oscars les aiment. La nomination n’est pas forcément justifiée, mais au moins elle ne détonne pas.

  • A Star Is Born

Maintenant on entre dans les films qui ont une légitimité à concourir au Graal du 7ème Art. A Star Is Born ne m’a pas marqué plus que ça, parce qu’il n’est pas vraiment original, l’histoire c’est du vu, vu et revu. Vu en 1937, vu en 1954, et revu en 1976, soit les trois versions précédentes de ce film, qui est, tu l’auras deviné, un remake de remake de remake. Ça commence à faire beaucoup. Cependant, A Star Is Born version 2018 est sauvé dans ses 20 dernières minutes par un revirement de situation tout à fait bienvenu qui emmène l’histoire sur des sentiers inattendus. Ajoutons à cela le fait que ce soit un premier film pour Bradley Cooper, une performance fantastique de Lady Gaga et avec des chansons géniales pour meubler le tout, A Star Is Born se fait subtilement une place parmi les Meilleurs Films. Une petite place, mais une place quand même.

  • Vice

Si tu as aimé The Big Short, tu aimeras probablement Vice puisqu’on prend les mêmes et on recommence, à ceci près que cette fois ci ce ne sont plus les banques qui sont taclées mais l’ex-Vice-Président américain Dick Cheney, à côté de qui Donald Trump est un enfant de chœur. Adam McKay à la réalisation, Christian Bale dans le rôle principal et Steve Carell dans un rôle secondaire, un montage frénétique où des caméos inattendus s’incrustent et une critique à couteaux tirés de la politique des États-Unis. Bref, tout pour faire une excellente satire sociale. Et en ce sens, Vice dépasse tous les autres ! Mais il manque de véritables qualités cinématographiques pour prétendre au Saint-Graal. Le cinéma est, après tout, l’art de l’image.

  • La Favorite

Et puisqu’on parle d’image, il convient d’aborder La Favorite. C’est un film un peu étrange qui pourrait en rebuter plus d’un, surtout si tu n’es pas familier avec les œuvres de Yorgos Lanthimos. Mais une fois passé le haussement de sourcil, il dévoile un triangle amoureux corrosif qui montre le contrepoids de la quête de pouvoir insensée, et la corruption progressive d’une âme innocente au contact des élites. Un film où le destin d’un pays au peuple invisible se joue dans le lit de la reine, interprétée royalement par une Olivia Colman impériale. Peut-être un peu trop hautain et bizarre, La Favorite n’est pas mon favori aux Oscars, mais pourrait possiblement créer la surprise.

  • Green Book

Ah, Green Book. Le dernier film de Peter Farrelly est un road-trip ultra-divertissant qui m’a beaucoup fait rire et fait passer un excellent moment au cinéma. En plus, il aborde le sujet du racisme avec justesse à travers le personnage de Don Shirley joué par le toujours talentueux Mahershala Ali. Cependant, une fois le bon moment passé, on se rend bien vite compte que le scénario est d’une complaisance extrême – écrit par le vrai fils du personnage principal, c’est peu étonnant – et qu’on vient juste de regarder un remake inversé de Miss Daisy et son Chauffeur, où l’aristocrate riche et le chauffeur populaire ont changé leurs couleurs de peaux. Mouais. Seulement voilà, Miss Daisy l’avait remporté, l’Oscar du Meilleur Film, et contre des pointures tels que Né un 4 Juillet et Le Cercle des Poètes Disparus, alors bon, Green Book n’est peut-être pas totalement hors-jeu.

  • BlacKkKlansman

Et puis il y a BlacKkKlansman. Et celui là était pour le moins inattendu. Cette histoire vraie d’un policier noir qui infiltre le Ku Klux Klan dans les années 70 a beaucoup plus à offrir que ses apparences de comédie d’humour noir – sans mauvais jeu de mots. BlacKkKlansman est un condensé de tous les autres nominés : l’ambiance années 70 de Roma, la bande son géniale de Bohemian Rhapsody et A Star Is Born, la critique sous-entendue contre Donald Trump de Vice, l’humour noir de La Favorite, et surtout c’est le seul entre Black Panther et Green Book à vraiment bien traiter de son sujet militant pour la cause Afro-Africaine. Ajoutons à cela des références culturelles à profusion et un point final prodigieux, et on tient notre Meilleur Film. Du moins c’est ce que je pensais, jusqu’à ce que je vois…

ROMA

Le BAFTA du Meilleur Film, le prix du Meilleur Film des Critic’s Choice Movie Awards, et le prix spécial de l’American Film Institute. Comment pourrait-il en être autrement ? Du haut de ses 10 nominations, Roma promet d’être le grand gagnant de cette 91ème Cérémonie des Oscars. Et pourtant, ce n’est que l’histoire d’une femme de ménage mexicaine dans les années 1970. Mais c’est déjà beaucoup. Roma est un pur moment de poésie, comme les vagues et leurs rouleaux d’écume qui s’étalent sur l’horizon : d’une simplicité extraordinaire, et dans le même temps d’une majesté incommensurable. Shantih, shantih, shantih. Pour lire ma critique complète sur le film, c’est par ici que ça se passe !

Alors Billy, qu’en penses tu ? Es-tu d’accord avec moi ? Quels sont tes pronostics ? N’hésite pas à venir débattre en commentaire ! Et rendez vous dimanche, pour la 91ème Cérémonie des Oscars 😀

Et l’Oscar du Meilleur Blog Cinéma 2018 est attribué à… Le 7ème Café ! Wiiii !

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à leurs ayant-droits respectifs, et c’est très bien comme ça

2 commentaires sur “Cérémonie des Oscars – 2019 [1/2]

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  1. Sacré boulot, bonne idée d’avoir fait cette petite cérémonie anticipée ! 🙂 J’avoue y avoir songé, mais difficile à faire quand on n’a pas forcément vu tous les films de la sélection… Ce serait bien que le film de Paul Schrader obtienne au moins le seul Oscar où il est nommé, et je te rejoins sur à peu près toutes les catégories. Il est clair que Roma est un très beau film, même s’il ne m’a pas vraiment touché, mais ça me gêne qu’il puisse gagner et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et l’Oscar du meilleur film, car cela occulte finalement toute la première catégorie et les autres concurrents qui n’avaient pas d’autre catégorie où concourir. D’où ma préférence personnelle pour Green Book (au sujet duquel je concède volontiers qu’il est loin d’être exceptionnel même si je l’aime beaucoup), et le fait de laisser le meilleur film en langue étrangère et le meilleur réal à Roma et Cuaron.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci bien !
      Ah bah c’est évident que c’est pas facile de voir tous les films nommés, je passe mon temps à ça depuis l’annonce des nominations en fait xD Mais ça vaut le coup parce que j’ai pu découvrir de très belles oeuvres que je ne serais pas forcément allé voir sans les Oscars (Beale Street ou Cold War par exemple).
      Après pour Roma on est d’accord c’est pas normal qu’il puisse avoir les deux Oscars de Meilleur Film, quand bien même je pense sincèrement qu’il les aura, ça éclipse totalement les autres Films Étrangers dans une catégorie qui a déjà du mal à sortir de l’ombre…

      Aimé par 1 personne

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