E comme – An Elephant Sitting Still

Le monde est une désolation.

Les critiques alphabétiques visent à dresser un panorama du cinéma, à travers différents genres et thèmes représentés par une œuvre et sa lettre attitrée. Mais le cinéma, ce n’est pas une spécificité occidentale ! Alors étant donné que je n’ai jusqu’alors parlé que 4 films sur 30 qui n’étaient pas britanniques ou américains (et encore, ils venaient de France et d’Allemagne), il est temps d’étendre notre horizon culturel. Aujourd’hui, la lettre E nous emmène de l’autre côté du monde, dans l’Empire du Milieu : la Chine.

Il est des sujets qui ne sont pas aisés à traiter cinématographiquement. Le drame, le vrai drame, est souvent un genre périlleux, où le réalisateur joue au funambule pour tenter de toucher les émotions du spectateur avec justesse, et où la moindre surenchère ou le moindre faux pas pourrait l’envoyer valdinguer mille mètres plus bas. Et pourtant ! Dépression, harcèlement, misère, suicide et deuil sont autant de thèmes maniés avec une virtuosité hors du commun dans le premier et dernier film du réalisateur Hu Bo. Un conte tout sauf féérique dans les ruines d’une Chine perdue, qui va nous montrer que de la plus profonde noirceur peut jaillir la plus grande beauté.

Ni hao Billy, et bienvenue au 7ème Café pour notre cinquième lettre de l’alphabet. N’entends tu pas un barrissement au loin ? Le brouillard tombe, la grisaille du matin se dévoile et les premiers volets s’entrouvrent… Voici E comme An Elephant Sitting Still.

Dumbo ? C’est toi ?

AN ELEPHANT SITTING STILL

Réalisateur : Hu Bo

Acteurs principaux : Peng Yuchang, Wang Yuwen, Zhang Yu, Liu Congxi

Date de sortie : 9 janvier 2019 (France)

Pays : Chine

Durée : 3h50

Une ombre passe.

LÀ-BAS À MANZHOULI

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits »

Le poème « Spleen » extrait des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire n’a pas de réel lien direct avec le film dont nous allons parler aujourd’hui, et pourtant il contient l’essence de l’œuvre toute entière. An Elephant Sitting Still, c’est l’histoire de quatre gens ordinaires qui, pour échapper à leur quotidien grisâtre, vont se mettre en quête d’un éléphant morose qui reste immobile toute la journée dans un cirque miteux à Manzhouli, une ville frontalière entre la Chine et la Russie. Dit comme ça, ça ne paye pas de mine, et pourtant !

L’éléphant est un animal fascinant. Il incarne cette espèce de force de la Nature imprégnée de sagesse qui force la vénération, comme dans la scène du Livre de la Jungle où Mowgli se prosterne devant lui. C’est peut-être pour cette raison que les personnages du film sont tant attirés par le pachyderme éponyme. C’est peut-être aussi pour cela que ce long-métrage m’a intrigué. Rien qu’en découvrant son titre – par hasard, en plus – ma curiosité a été piquée.

Et si ta curiosité a été piquée de même, mon cher Billy, je me dois de t’avertir avant toute chose que le voyage vers cet éléphant prophétique n’est pas à prendre à la légère. D’une part, parce que sa durée affiche pas moins de 3 heures 50 minutes de temps (soit le film le plus long que j’ai vu de ma vie juste après les versions longues du Seigneur des Anneaux) ce qui demande de vraiment s’investir dans l’œuvre – d’autant plus si on la regarde en chinois sous-titré anglais comme moi. D’autre part, parce qu’An Elephant Sitting Still est comme une élaboration de quatre heures du spleen baudelairien, une noirceur subtile mais profonde qui infiltre notre esprit et y efface toute trace d’espérance. C’est l’incarnation cinématographique du mal-être, et si tu es déjà déprimé, ça ne risque clairement pas de s’arranger.

Pour autant, ceux qui osent entreprendre le périple voient alors se dévoiler sous leurs yeux un joyau inattendu. J’en veux pour preuve le fait qu’An Elephant Sitting Still a reçu de nombreux honneurs dans le monde entier ! En premier lieu, 7 nominations aux Chevaux d’Or, l’équivalent taïwanais des Césars, qui valent aussi pour la Chine libre puisque les prix uniquement chinois (les Coqs d’Or et le prix des Cents Fleurs) sont influencés par le gouvernement. Lors de cette cérémonie, le film a reçu le prix du public, le prix du meilleur scénario adapté et surtout le prix du meilleur film. Prix du public aussi au Festival International du Film de Hong Kong, mais aussi et surtout Prix du Meilleur Premier Film, avec mention spéciale, et Prix de la Presse de Cinéma Internationale au 68ème Festival du Film de Berlin, qui est un des cinq festivals de cinéma les plus prestigieux au monde !

Pleure pas, ce ne sont que quatre heures horribles à passer.

ÉLÉPHANT, DEUXIÈME DU NOM

D’ailleurs, An Elephant Sitting Still a aussi été adoubé par de grand réalisateurs comme Bela Tarr, Wang Bing mais aussi avant tout Gus Van Sant, et ce n’est pas anodin.

« GUS VAN SANT – Un film extraordinaire. »

Ce n’est pas anodin, parce que l’homme à qui l’on doit le génial Good Will Hunting a réalisé en 2003 un film intitulé, tiens donc, Elephant.

Palme d’Or du Festival de Cannes de cette année là, Elephant raconte l’histoire d’un massacre dans un lycée américain où deux élèves prennent les lieux armés de fusils d’assaut et tuent un à un leurs camarades et leurs professeurs. Joie de vivre, quand tu nous tiens. Si les thèmes des deux longs-métrages sont vastement différents, leur essence, elle, est la même. D’ailleurs, Elephant était mon premier choix pour la lettre E avant de découvrir le film de Hu Bo. Comme quoi.

Elephant, comme An Elephant Sitting Still, est la retranscription de la froideur du monde. Un film d’une violence extraordinaire et pourtant d’une simplicité impressionnante, doté d’un style minimaliste et d’un rythme étiré, où les destins des personnages se croisent et se recroisent comme des fils de laine s’entrelacent pour tisser une tapisserie qui marque l’esprit de façon indélébile. L’influence de Van Sant est palpable à travers le film chinois, et son impact n’en est que décuplé. Mais voyons tout ça un peu plus en détail.

Génial, moi qui commençait à me sentir bien…

PROFESSEUR HU BO ET LE DESTIN PERDU

An Elephant Sitting Still est fondamentalement une fuite des quatre personnages principaux, tentant d’échapper à leurs vies de merde. Une fuite éperdue, désespérée, presque insensée, dont le parcours est hasardeux et l’issue incertaine. Chaque personnage suit son propre destin, croisant fortuitement au détour du chemin l’un des trois autres, et pourtant tous tournés vers le même Graal là-bas à Manzhouli.

Il y a Yu Cheng (Zhang Yu), la petite frappe chef de gang dont le meilleur ami se suicide sous ses yeux et qui n’accepte pas la situation, passant son temps à dénier l’inévitable et à chercher la rédemption loin des types peu fréquentables qui constituent ses seules relations, quand sa famille l’a oublié et quand ses partenaires amoureuses le rejettent. L’éléphant de Manzhouli est le seul lien qui le relie encore à son ami disparu, qui était celui qui lui avait parlé de l’animal.

Il y a Wei Bu (Peng Yuchang), le jeune lycéen qui envoie un de ses camarades à l’hôpital en le poussant malgré lui du haut des escaliers au bas desquels la victime ira se fracasser le crâne. Il va fuir, loin de son crime, loin de ses parents détestables et de la ville en ruines, vers Manzhouli qui représente pour lui l’espoir d’une nouvelle vie.

Il y a Huang Ling (Wang Yuwen), la jeune lycéenne trop mature pour son âge, que sa mère, une véritable loque irresponsable, élève seule et dont la relation avec le principal du lycée pourrait bien lui causer des problèmes. Elle ne va à Manzhouli que pour suivre Wei Bu, n’ayant nulle part ailleurs où se réfugier.

Et il y a enfin Lao Jin (Liu Congxi), un vieillard qui passe la moitié du film à errer une queue de billard à la main, contraint à l’exil par ses salopards d’enfants qui veulent l’envoyer dans un hospice – ou plutôt un mouroir – pour revendre son appartement et déménager dans un meilleur quartier. C’est le personnage qui m’a le plus ému, d’abord parce que la performance de Liu Congxi est extraordinaire, et ensuite parce que c’est le seul des quatre personnages qui n’a vraiment rien demandé à personne et contre qui le destin s’acharne de façon tragique.

Nous suivons donc ces quatre gens quelconques pour une journée dans leur vie, où leurs chemins parallèles vont se croiser à plusieurs reprises dans leur recherche d’un maigre dernier espoir.

#VDM

PORTRAIT FUNESTE

C’est peu étonnant qu’An Elephant Sitting Still ait reçu des récompenses aux Chevaux d’Or qui sont indépendants mais taïwanais plutôt qu’aux Coqs d’Or et Prix des Cent Fleurs qui sont chinois mais influencés par le gouvernement. Il faut dire que l’image de la Chine dépeinte par Hu Bo est peu flatteuse – et c’est le moins qu’on puisse dire.

Le récit se déroule dans une ville post-industrielle anonyme, où les immeubles tiennent plus de la décharge publique que du lieu d’habitation, et où les plafonds sont ornés de brûlures d’allumettes et les carreaux sont dans 80% des cas brisés. Tout est gris, bétonné et sale. Les personnages évoluent dans une ville-fantôme dont les habitants font partie du décor. Les lumières artificielles sont blafardes, les véhicules des tas de ferrailles échappés de casses. Pas un chat dans les rues, pas une fleur qui s’élève d’une craquelure dans les pavés, pas un rayon de soleil pour apporter un peu de lumière à travers l’ombre, pas même une goutte de pluie pour abreuver le désert de ciment. On étouffe dans le smog de la Chine polluée où tout n’est que nuages sombres et épais brouillard insipide.

Pour ne rien arranger, tous les adultes du film sont au mieux des épaves, au pire des ordures finies. Entre les enfants égoïstes et ingrats de Lao Jin et la mère de Huang Ling qui la traite de prostituée, la gifle et ne lui offre pour son anniversaire qu’un gâteau minable, en passant par les parents indignes de Wei Bu dont le père doit faire partie du top 10 des plus gros connards que la Terre ait porté, il y a de quoi s’inquiéter. Il n’y a rien à quoi se raccrocher. Les personnages sont en chute libre dans un gouffre sans fond.

Une des séquences les plus marquantes du film est le moment où Lao Jin visite la maison de retraite où ses enfants veulent l’envoyer. L’endroit est dans un état de déréliction totale, les chambres s’apparentent à des cellules de prison, mais le pire, ce sont les gens qui y sont. Les infirmières ne font même pas attention au vieillard, même pas un regard, et quand Lao Jin commence à marcher le long des portes vitrées des chambres dans une scène qui semble interminable, la tragédie nous prend à la gorge. Chaque pièce abrite un résident spectral, aux yeux hagards, aux gestes rouillés et totalement dénué de vitalité. Les vieux sont tels des épaves échouées là contre leur volonté, bouffées par les embruns et rongées par les cloportes. Des reliques d’une époque révolue qu’on a laissées là pour mieux les oublier jusqu’à ce que le pendule d’argent qui dit oui, qui dit non, qui les attend, sonne sa 25ème heure.

« Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux »

50 nuances de gris.

A HISTORY OF VIOLENCE

Et tout ça n’est que le début. Comme si ça ne suffisait pas, et comme je le disais en parlant d’Elephant, le film est aussi d’une impressionnante violence. Elle est omniprésente : là un homme se suicide, là un adolescent joue avec un revolver, là un restaurant s’enflamme. Et malgré tout, ce n’est pas une violence théâtrale, mise en scène, exacerbée, bien au contraire.

La violence d’An Elephant Sitting Still est totalement dédramatisée et vidée de sa substance, à l’instar de toutes les autres émotions du film. C’est une brutalité froide, implacable, mais surtout une brutalité ordinaire. Elle arrive tout le temps, mais rien n’est fait pour la sublimer, elle est au même niveau que n’importe quelle autre action du film, s’insufflant ainsi sans rien paraître dans le quotidien des personnages.

La scène la plus représentative de cela est le premier suicide du film – oui parce qu’en plus il n’y en a pas qu’un. Le meilleur ami de Yu Cheng rentre chez lui à l’improviste et découvre que sa femme l’a trompé. Alors sans accès de colère, sans émotion palpable, il saute par la fenêtre de son immeuble. On le voit avancer sous les yeux de Yu Cheng – qui n’a aucune réaction -, sortir du champ de la caméra, on attend quelques secondes, coupure, plan suivant, Yu Cheng est au pied de l’immeuble et marche lentement vers ce qu’on découvre être le corps de son ami vingt étages plus bas. Tout se joue en hors-champ, et c’est peut-être encore pire que si l’on avait tout vu. Sans prévenir, alors que le film vient à peine de commencer, la mort est arrivée. Boum. Voilà. Aucune effervescence n’est créée autour de la scène, pas de cris, pas de pleurs, pas de sirènes d’ambulances, pas de musique dramatique, pas de plan au ralenti, rien. Un homme vient de se tuer, et rien ne se passe. C’est ça le plus terrible dans An Elephant Sitting Still : la violence arrive, point.

Crève, enculé !

LA BELLE REPRÉSENTATION D’UNE CHOSE

Mais comment peut-on faire une œuvre de 4 heures sans faire ressortir aucune émotion positive ? Comment dresser un portrait aussi funeste de la société et en tirer une telle fresque cinématographique ? Comment faire de l’art à partir de la grisaille du monde ?

Le philosophe Emmanuel Kant disait ainsi dans sa Critique de la faculté de juger au XVIIIème siècle :

« KANT – L’art ne veut pas la représentation d’une belle chose, mais la belle représentation d’une chose. »

Et bien An Elephant Sitting Still, c’est ça. Il n’y a pas une once de belle chose dans le monde des personnages. Aucune trace d’espoir, tout n’est que désolation la plus totale. Et en dépit de cela, Hu Bo en tire un poème cinématographique d’une beauté extraordinaire. An Elephant Sitting Still, c’est la belle représentation de tout ce qui est noir dans notre monde.

La réalisation de Hu Bo est purement et simplement splendide. Le réalisateur est au 7ème Art ce que Baudelaire est au 5ème : le démiurge qui tire du brouillard du monde un objet d’art. Chaque plan est une merveille technique magnifique, avec un cadrage millimétré, des plans resserrés pour être au plus près du visage des personnages, et des jeux de lumière et d’ombre resplendissants. Rien n’est laissé au hasard. Le film se caractérise par de très longues prises (influencées par Gus Van Sant et Bela Tarr) et des plans-séquences sublimes, qui allongent le rythme du récit en créant un flottement ininterrompu qui accentuent la noirceur de l’existence et l’harmonie qui en ressort.

La bande originale est très peu présente mais éclate par intermittence sur quelques plans spécifiques alliant la perfection esthétique à la perfection musicale. Les partitions de Hua Lun font des merveilles et soulignent la majesté de l’image par des envolées instrumentales ahurissantes, seuls moments furtifs d’élévation au cœur du spleen ambiant.

LE CHIEN ET L’ÉLÉPHANT

Le long-métrage est l’illustration d’une dualité ancestrale entre le désespoir et l’espérance.

« LING – Don’t cry.
LA PETITE – Why ?
LING – Because… No reason. »

Le premier est présent partout, tout le temps. Il n’y a rien, mais alors absolument rien, qui n’est pas désespérant ou désespéré dans An Elephant Sitting Still. C’est bien ce que veut dire la citation ci-dessous : Ling incite la petite fille à ne pas pleurer, mais il n’y littéralement aucune raison de ne pas pleurer devant la tragédie qui se déroule sous nos yeux. Cependant en dépit de son omniprésence, le désespoir est aussi incarné physiquement par un autre animal qui vient s’opposer à notre mythique pachyderme, sous la forme du chien.

Au tout début du film, un couple détestable perd son gros chien blanc, et il est la parfaite antithèse de l’éléphant. Les deux créatures sont pourtant traitées de la même façon : les quatre personnages principaux le croisent et/ou en parlent d’une façon ou d’une autre, mais on ne le voit jamais complètement ou directement à l’écran. Mais le canidé et le pachyderme sont diamétralement opposés, en ce sens que l’éléphant représente la fin du voyage alors que le chien en est un des initiateurs, notamment pour Lao Jin. Il est agressif, dangereux et va faire du mal aux personnages : Huang Ling est menacée, Wei Bu frappé par le propriétaire du chien, Yu Cheng insulté par sa maîtresse, et le pire est pour Lao Jin dont le petit chien se fait attaquer par l’autre.

Au contraire, l’éléphant assis du titre est un symbole positif. Il représente l’espoir pour les personnages, mais quel espoir !  C’est la seule, je dis bien la seule et unique trace d’optimisme dans le long-métrage, et pourtant même cet optimisme fait peu envie. Une créature grise, rugueuse, immobile, apathique… Ça ne te dit rien Billy ? Dans le fond, l’éléphant est une métaphore pour le film lui-même. La formule An Elephant Sitting Still est comme un double sens où, comme les personnages veulent voir cet animal incongru pour échapper à leurs vies misérables, nous voulons voir l’œuvre comme une catharsis qui nous extirpe de nos propres malheurs. Et c’était probablement la volonté, la dernière volonté, du réalisateur Hu Bo.

Je crois que je vais pleurer.

ADIEU

Car le 12 octobre 2017, la réalité a rejoint la fiction. Hu Bo s’est suicidé à 29 ans, juste après avoir terminé ce qui constitue donc à la fois son premier et dernier film.

Et avec cela en tête, c’est un autre pan d’An Elephant Sitting Still qui s’offre à nous. Cette œuvre est sa lettre d’adieu, son chant du cygne comme le « Lazarus » de David Bowie. Hu Bo nous présente humblement ce qu’il laisse derrière lui et nous invite à nous emparer de son message pour mieux le faire resplendir. Quand on y pense, le film était un appel au secours face à l’état insalubre du monde, l’état de cette Chine cachée aux yeux de la planète, celle qui tombe en ruines derrière le brouillard de pollution, où les chiens vagabonds attaquent les adolescents, où les enfants se débarrassent de leurs parents dans des mouroirs, où un accident mène toujours à la mort et où les suicides sont ordinaires.

« — Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »

https://pbs.twimg.com/media/DV6FketXcAA7XZB.jpg
Repose en paix Hu Bo. 20 juillet 1988 – 12 octobre 2017

LE MOT DE LA FIN

An Elephant Sitting Still, c’est le spleen de Baudelaire sans la crise révolutionnaire extatique de la quatrième strophe. C’est un long chemin vers la mort où l’espoir éléphantesque est vaincu et ne laisse place qu’à la misère. Le monde est une désolation.

Note : 8,5 / 10

« YU CHENG – He told me the other day. There is an elephant in Manzhouli. It sits there all day long. Perhaps some people keep stabbing it with forks. Or maybe it just enjoys sitting there. I don’t know. »

https://resizing.flixster.com/l9m6St6Eo-SckwsuNcpzA2tpoiA=/1920x1080/v1.bjsyMDM0NzY1O2o7MTc5Nzg7MTIwMDsxOTIwOzEwODA
Vienne la nuit, sonne l’heure, barrisse l’éléphant.

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à Dongchun Films, et c’est très bien comme ça

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