Le Pub (Décembre 2018) – Bohemian Rhapsody

♪ Oooooooooh baby, can’t do this to me baby, I’ve just gotta get out, just gotta get right outta here ! ♫

Nous sommes le 31 décembre mon cher Billy et l’année 2018 touche à sa fin. Pour conclure cette année pleine de rebondissements en beauté, voici le film que tu as choisi à une majorité écrasante comme ton préféré de 2018. Alors règle tes amplis sur la puissance 11, car tonight we’re gonna have ourselves a real good time : Freddie Mercury et Queen sont de retour dans Bohemian Rhapsody, et ça va être royal !

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Hééééé hooooo !

BOHEMIAN RHAPSODY

Réalisateur : Bryan Singer

Acteur principal : Rami Malek

Date de sortie : 31 octobre 2018 (France)

Pays : États-Unis

Budget : Entre 50 et 55 millions $

Box-office : 702,5 millions $ (en cours)

Durée : 2h14

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Ceci est une légende.

DIEU GREC

Ai-je réellement besoin de faire les présentations ? Tout le monde connaît Queen. Pas mal de leurs chansons sont des tubes interplanétaires et des performances musicales tout à fait ahurissantes : « I Want to Break Free », « We Will Rock You », « The Show Must Go On », « We Are the Champions », et bien évidemment « Bohemian Rhapsody » qui donne son titre au film, pour ne citer qu’eux. Alors forcément, quand on annonce la sortie d’un film sur l’histoire du groupe et plus particulièrement celle du chanteur Freddie Mercury, ça fait des émules. Film musical non-Disney ayant récolté le plus de recette devant Mamma Mia !, Les Misérables et La La Land avec 702,5 millions de dollars au moment où j’écris ces lignes, Bohemian Rhapsody a reçu des nominations prestigieuses un peu partout, notamment aux Golden Globes avec Meilleur Film et Meilleur Acteur, et probablement aux Oscars le mois prochain. Tranquille.

On va aborder les sujets qui fâchent dès le début. Plus de la moitié du film est inexacte historiquement. Je vais pas faire la liste de tout ce qui ne s’est pas réellement passé comme Bohemian Rhapsody le présente, ce serait trop long, et Wikipédia l’a déjà fait de façon exhaustive sur une bonne demi-page. Et honnêtement c’est pas « très » grave, ça ne m’a jamais gêné pendant le film puisque la personne lambda ne connaît pas précisément l’histoire du groupe. Par contre, deux choses que j’ai remarquées de façon flagrante, c’est d’une part que Paul Prenter (Allen Leech) est présenté comme une immonde crevure tout le long du film, et d’autre part que John Deacon (Joe Mazzello, nul autre que le Tim de Jurassic Park, hé oui !) est constamment mis à l’écart. Mais comment se fait-ce, me demanderas-tu ? Bah ça alors, c’est bizarre, le film est produit par Brian May et Roger Taylor ! Autrement dit, les deux membres restants de Queen – sachant que Deacon a quitté le groupe après que Mercury est mort. Et donc, l’histoire du groupe est racontée selon leur perspective, à peine biaisée.

Mais dans le fond on s’en fout.

On s’en fout parce que Bohemian Rhapsody n’est pas la biographie de Freddie Mercury. C’est sa légende. À travers la prestation brillantissime de Rami Malek, Mercury est élevé au rang de héros grec, sa vie devient un mythe antique. Il est le demi-dieu, issu du peuple, bagagiste à l’aéroport de Londres, qui monte vers les cieux et subit coup sur coup la colère des dieux (Prenter, la drogue, l’alcool, le SIDA…) pour mieux resplendir à l’apogée de sa gloire. Chaque chanson devient un des 12 travaux d’Hercule qui assoit un peu plus la grandeur du chanteur. Alors qu’importe la vérité historique, c’est la légende d’un homme extraordinaire qui survit. C’est Freddie Mercury tel qu’on l’imagine, tel qu’on l’adore, tel qu’on l’adule. Mercure n’était-il pas, après tout, le messager des dieux ?

Emporté par la foule, comme disait Piaf.

EN AVANT LA MUSIQUE

Et puis d’ailleurs, l’histoire de Mercury n’est pas le plus important dans le fond.

« La seule chose plus extraordinaire que leur musique, c’est son histoire. »

N’en déplaise à la tagline du film, mais moi je dirais plutôt l’inverse : la seule chose plus extraordinaire que son histoire, c’est leur musique ! La principale raison pour aller voir Bohemian Rhapsody, c’est écouter du Queen dans une salle de cinéma avec son Dolby Surround, enceintes géantes et grand écran pour regarder le concert ! Chaque chanson est inventée dans le film à un rythme effréné et les scènes de concerts sont hallucinantes.

Tout commence d’ailleurs avec Mercury se préparant pour le concert du Live Aid, sur la douce mélodie de « Somebody to Love ». Une entrée en matière incroyable, alors que le chanteur crache ses poumons rongé par la maladie, et monte quand même sur scène, face à une lumière éblouissante et la clameur de la foule hystérique. Dès les premières secondes, Bohemian Rhapsody nous emporte pour plus de deux heures de show inimaginables ; c’est la musique de Queen comme on ne l’a jamais vue. « Somebody to Love » est la parfaite ouverture en ce sens que premièrement c’est un moment de cinéma et de musique jouissif à souhait, et deuxièmement puisque c’est l’établissement de la quête de notre héros antique. Mercury aura passé sa vie à chercher le grand amour.

Amour qu’il crut un temps trouver auprès de Mary Austin (Lucy Boynton). Ce qui m’amène à une autre scène musicale qui m’a profondément marquée dans le film : « Love Of My Life ». La chanson, que je ne connaissais pas avant de voir le film (honte sur moi) est déjà magnifique en elle-même. Reprise par le public avec Mercury, elle dépasse l’imagination. Dans Bohemian Rhapsody, elle est tout bonnement parfaite. La version live passe à la télé alors que Freddie annonce – avec infinie difficulté – à Mary qu’il est bisexuel, ce à quoi elle rétorque qu’il est tout à fait homosexuel. C’est une scène émouvante, presque tragique, de la romance qui se brise en mille éclats, et la chanson la magnifie plus que jamais. On va pas se mentir, j’ai pleuré.

« Love of my life, can’t you see ? Bring it back… Bring it back… Don’t take it away from me. »

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Oh, Mary…

LE PLUS GRAND CONCERT DE TOUS LES TEMPS

Mais comment aborder la musique sans parler des 15 dernières minutes du film ? Sans parler de la reconstitution – ultra fidèle – de ce que beaucoup considèrent comme le plus grand concert de tous les temps ? Billys et Biloutes, voici venir le temps du Live Aid.

13 juillet 1985. Le chanteur Bob Geldof organise un concert de charité pour lutter contre la famine en Éthiopie. Wembley Stadium. 10 heures de show. Paul McCartney, U2, Elton John, Sting, Phil Collins, The Who, David Bowie, et bien évidemment Queen. 72,000 personnes dans le public. 1,9 milliards de téléspectateurs, soit 40% de la population mondiale à l’époque. Tu as craqué ton slip ? Moi aussi.

Le Live Aid était déjà un évènement incroyable en soi. Ceux qui y ont assisté en live à l’époque ont dû vivre là le plus grand moment de leur vie, et même ceux qui l’ont vu en direct à la télévision. Mais pour les pauvres d’entre nous nés après 1985, il nous faut nous contenter des rediffusions sur Youtube (que je t’invite à regarder si ce n’est déjà fait parce que ça reste du très grand spectacle). Alors là, le vivre sur grand écran, avec le son stéréo, c’est l’orgasme. Il n’y a pas d’autres mots.

La reconstitution du Live Aid est le climax orgasmique de Bohemian Rhapsody. La recréation de l’évènement est ahurissante, et le plaisir indescriptible. Je tenais difficilement sur mon siège tellement j’étais en extase. Quand la foule tape des mains en rythme sur « Radio Ga Ga », qui est mon petit péché mignon, c’est la consécration absolue. Mercury a emporté le stade, a volé tout le Live Aid, et fait battre le cœur de la salle de cinéma – 27 ans après sa mort. Il est là son grand amour. Ce n’est pas Mary Austin, ni Jim Hutton, et surtout pas Paul Prenter : c’est le public.

« Someone still loves yooooooou ! »

Le Live Aid, c’est l’ascension de Mercury au Panthéon divin. Oui Freddie, même après tout ce temps, quelqu’un t’aime encore. La jouissance qu’apporte le concert en conclusion du biopic est incommensurable, et est probablement une infime poussière comparée à ce que le vrai Live Aid a dû être. C’est peut-être ça le plus incroyable, de se dire que 27 ans après sa mort, Mercury dompte encore la foule. Que Queen fait encore vibrer la planète entière. À travers leur musique, nous sommes tous devenus champions of the world.

♪ Radio Ga Ga ! Radio Goo Goo ! Radio Ga Ga ! ♫

LE MOT DE LA FIN

Bohemian Rhapsody ne raconte pas l’histoire de Queen, il raconte la légende de Freddie Mercury. Une légende qui a continué, continue et continuera encore tant qu’il y aura des gens pour l’écouter dans les chansons, car comme le dit le chant du cygne de Mercury, et le tout dernier morceau qui passe dans le film : the show must go on.

Mon cher Billy, ce fut une année merveilleuse passée en ta compagnie. Je te souhaite un excellent réveillon du Nouvel An, et une bonne année 2019 ! À l’année prochaine, au 7ème Café, bien sûr 😀

Note : 8 / 10

« FREDDIE – Nothing really matters, anyone can see, no nothing really matters… Nothing really matters to meeeeeeee ! »

I am the champion… OF THE WOOOOOOORLD

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à la 20th Century Fox, et c’est très bien comme ça.

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