Le Pub (Juin 2018) – Jurassic Park

Bienvenue à Jurassic Park !

Tu as l’air d’aimer Steven Spielberg Billy, et ça tombe bien, moi aussi ! Quelques semaines après nous être penchés sur Indiana Jones, et au lendemain de la sortie de Jurassic World : Fallen Kingdom au cinéma, revenons sur le plus grand film de dinosaures de tous les temps : Jurassic Park !

Qui ne connaît pas ce logo, franchement ?

JURASSIC PARK

Réalisateur : Steven Spielberg

Acteurs principaux : Sam Neill, Laura Dern

Date de sortie : 20 octobre 1993 (France)

Pays : États-Unis

Budget : 63 millions $

Box-office : 1,029 milliards $

Durée : 2h07

Quand tu vois Jurassic Park pour la première fois.

ON PREND LES MÊMES ET ON RECOMMENCE

Si tu te souviens bien Billy, il y a trois semaines en évoquant Les Aventuriers de l’Arche Perdue, j’ai mentionné le fait que Steven Spielberg s’était construit avec la trilogie Indiana Jones. En effet, il y a une claire évolution de son style entre le premier et le troisième film, et c’est probablement la décennie 1980 qui a fait de Spielberg le réalisateur que l’on connaît et adore aujourd’hui. Cependant, et même en comptant E.T. en 1982, s’il y a un film qui vient constituer le paroxysme du Spielberg des premiers jours, c’est bien Jurassic Park.

Jurassic Park, c’est le dernier film de la période « enfantine » de Spielberg. C’est à dire le dernier film de sa décennie consacrée à faire rêver des générations entières. Il y a eu l’aventure avec Indiana Jones, l’espace avec E.T., il ne manquait plus qu’un grand favori des gamins à magnifier sous sa caméra : les dinosaures. Un grand favori des gamins, et de lui-même ! Spielberg est un immense fan de dinosaures, j’en veux pour preuve son implication dans de nombreux autres projets (outre les quatre suites du film) comme Le Petit Dinosaure ou la série Terra Nova. Alors quand le roman Jurassic Park de Michael Crichton est sorti en 1990, ça tombait à pic. Spielberg était alors un réalisateur accompli, il ne manquait plus qu’un de ses rêves à concrétiser et il lui fallait une fin grandiose à sa période de la jeunesse, une œuvre qui marquerait toutes les générations à venir, et même celles qui étaient déjà nées à ce moment là, la consécration de tout ce qu’il avait réalisé depuis 1981 (et même un peu avant).

Alors ni une ni deux, Spielberg s’empare du bouquin, et c’est parti : on prend les mêmes, et on recommence. Car en effet, l’équipe autour des Indiana Jones, de l’extraterrestre et de Jurassic Park est sensiblement la même – Spielberg derrière la caméra, George Lucas aux effets spéciaux, et John Williams à la musique. Et quelle musique, mes aïeux !

Alors forcément, avec de tels maîtres aux commandes, il n’est pas étonnant de pouvoir dresser de nombreux parallèles entre Les Aventuriers de l’Arche Perdue et Jurassic Park. Dans la réalisation, on voit clairement l’évolution des techniques de Spielberg, et là où encore quelques traces d’amateurismes se glissaient chez Indiana Jones, tout est parfait ici, et surtout le jeu de lumières éblouissant (c’est le cas de le dire). Il y a aussi cette scène d’explication sur la création des dinosaures, qui n’est pas sans rappeler la leçon d’histoire sur l’Arche d’Alliance au début d’Indiana Jones,  et une galerie de personnages génialissime avec une femme forte (et probablement plus que les hommes d’ailleurs) avec Ellie Sattler (Laura Dern), un éternel enfant paléontologue avec Alan Grant (Sam Neill), l’indescriptible chaoticien Ian Malcolm (Jeff Goldblum, de retour cette année dans Fallen Kingdom mais précédemment dans Thor : Ragnarok) et bien sûr l’inoubliable John Hammond (Richard Attenborough) et sa fameuse réplique « J’ai dépensé sans compter », dont nous reparlerons plus tard.

Mais le parallèle peut-être le plus évident, c’est la scène d’introduction du personnage d’Alan Grant sur un site de fouilles au Montana. En effet, l’archéologue, ou plus précisément paléontologue, coiffé d’un chapeau, est en train d’effectuer une fouille pour découvrir un fabuleux trésor : un squelette complet de vélociraptor. Ça te rappelle quelque chose Billy ? Évidemment, la référence à Indiana Jones est appuyée, mais totalement volontaire. Spielberg ouvre (enfin, quasiment) le film sur cette scène pour nous rappeler d’où nous partons. Tout avait commencé avec Les Aventuriers de l’Arche Perdue et cette volonté de rendre l’archéologie cool, maintenant il est temps de passer à autre chose. Et pour passer à autre chose, Hammond va piquer notre curiosité très rapidement :

« HAMMOND – Je possède une île au large du Costa Rica… »

https://vignette.wikia.nocookie.net/jurassicpark/images/4/47/3158490340.gif
Visiblement ça pique aussi la curiosité du T-Rex…

BESTIAIRE JURASSIQUE

Alors nous sommes emmenés en hélicoptère sur une île du nom d’Isla Nublar, à 120 kilomètres à l’ouest du Costa Rica. À première vue, rien de spécial. Les protagonistes sont emportés en voiture, avant de s’arrêter dans une clairière. Et là, le monde cinématographique vient de changer à jamais. Alan Grant se lève de la voiture bouche bée et enlève ses lunettes parce qu’il n’en croit pas ses yeux, et incite le professeur Sattler à faire de même. On ne voit pas tout de suite ce qu’ils voient, mais la hype est montée de 100 niveaux d’un seul coup. Et là, le thème musical de Jurassic Park se lance, et on le voit. On le voit.

Un dinosaure. Et pas n’importe quel dinosaure ! Un putain de brachiosaure de plus de 10 mètres de haut. Tu me pardonneras la vulgarité Billy, mais il n’y a pas d’autres mots : tous les personnages de la scène sont littéralement sur le cul et toi aussi. Jurassic Park est un des très rares films que j’ai vus plus de cinq fois, et la scène me donne des frissons à chaque fois.

Jurassic Park a fait 1,029 milliards de dollars de recettes. Il a été pendant 4 ans le film avec le plus de succès de toute l’histoire du cinéma. C’est le seul film datant d’avant 1999 à avoir gagné plus d’un milliard de dollars, et il se trouve encore aujourd’hui, 25 ans après, dans le top 30 du box-office mondial. Il a été nommé à trois Oscars (seulement !) et les a remportés. En bref, ce film est une légende, et je pense que tout pourrait reposer sur cette scène. Dans la bande-annonce de Fallen Kingdom, la première phrase était « Tu te souviens de la première fois où tu as vu un dinosaure ? » Hé bien oui, on se souvient. C’était ça, la première fois. Le brachiosaure de Jurassic Park. Le film aurait pu s’arrêter là que ça n’aurait rien changé, Spielberg avait déjà tout gagné. En une réplique, une seule, le destin de la franchise jurassique était scellé :

« HAMMOND – Docteur Grant, mon cher docteur Sattler, bienvenue à Jurassic Park ! »

Car les véritables stars, les véritables personnages du film, ce sont bien les dinosaures. Ils ont tous, sans exception, droit à une scène d’introduction tout en hype et suspense. Le brachiosaure, qui est vu par les personnages puis par nous. Le dilophosaure, dont on nous parle sans le voir venir avant qu’il tue Nedry. Le T-Rex, évidemment, avec ce plan incroyable des ondulations de l’eau dans le verre et les câbles de la clôture qui lâchent. Mais ceux qui se font le plus attendre, et qui n’en ressortent que plus impressionnants, ce sont bien les raptors.

Les vélociraptors, ce sont les MacGuffin du film. On les entraperçoit par ci par là, notamment un œil dans la scène d’introduction, on arrête pas de nous en parler, on voit leurs traces et le reste d’un de leurs repas, mais on ne voit le premier raptor au complet qu’au bout d’une heure quarante de film. Tout comme Indiana Jones dans la première scène des Aventuriers de l’Arche Perdue, Spielberg va mystifier les raptors et en faire les dinosaures les plus connus du public avec le T-Rex.

C’est d’autant plus impressionnant que, dans la réalité, les vélociraptors tenaient plus de la grosse poule que du lézard terrifiant. Et c’est là bien la preuve du génie de ce film. Grâce à l’habileté révolutionnaire des ingénieurs et techniciens des effets spéciaux, et au parfait compromis entre les animatroniques fantastiques et la CGI la mieux réussie de l’époque, les dinosaures sont tous plus vrais que nature. Et plus vrais que nature, littéralement ! Parce que dans la réalité, les raptors faisaient un mètre de haut et étaient couverts de plumes, le T-Rex était un charognard et pas un chasseur et portait un beau plumage également, le dilophosaure n’avait pas de collerette et ne crachait pas de venin, entre autres. Ah oui, et bien sûr aucun des cris entendus n’est vrai, ni vraisemblable d’ailleurs. Ça va Billy, j’ai bien brisé tes rêves ?

Mais il faut bien se dire une chose. Malgré tout ça, toutes ces réalités scientifiques, quand on pense à un raptor, on pense à ceux de Jurassic Park. Quand on imagine le cri du brachiosaure, on réentend cette espèce de baleine calme et accueillante. Quand on voit un dinosaure, personne ne pense aux plumes. Pourquoi ? Parce que la base de l’inconscient collectif qu’on a des dinosaures, c’est Jurassic Park. Ce film a tellement marqué l’histoire que quand on pense à un dinosaure, on pense à ceux de Spielberg, même s’ils étaient faux. Parce que dans le fond, c’est ça, la magie du cinéma.

Fais le beau, Médor !

LES CLÉS D’UNE SAGA

Que dire de plus ?

Jurassic Park a posé les bases d’une franchise. Enfin, Michael Crichton avait déjà posé les bases d’une franchise avec le roman éponyme, puisqu’il lui a écrit une suite intitulée Le Monde Perdu, qui a été aussi adaptée en film par Spielberg. Mais dans tous les cas, pour les quatre suites de Jurassic Park (Le Monde Perdu, Jurassic Park III, Jurassic World, Jurassic World : Fallen Kingdom), toutes les bases avaient été posées là. C’est comme si Spielberg savait à l’avance qu’il réalisait des chefs-d’œuvre. En fait, c’est probablement le cas, maintenant que j’y pense.

Seulement voilà. Tous les films suivants se basent uniquement sur cette idée de faire côtoyer humains et dinosaures, sur cette espèce de nostalgie du premier parc (et là je parle surtout de Jurassic World) et le côté sensationnel des lézards terribles. Mais bon, le coup du brachiosaure (qui est d’ailleurs repris quasiment à l’identique dans Fallen Kingdom), ça ne marche pas éternellement. Maintenant il devient difficile de s’émerveiller devant un dinosaure, parce que l’effet de merveille, c’est Jurassic Park qui l’avait. C’était la scène avec la musique et le brachiosaure et la réplique de John Hammond. Maintenant ça fait 25 ans qu’on a vu des dinosaures. Jurassic World avait d’ailleurs tenté de jouer sur cet arc, en disant que les dinosaures devenaient ringards, mais en même temps le film se basait quasiment uniquement sur la nostalgie de son illustre ancêtre, et donc le propos était complétement contrebalancé.

La réalité, c’est que les quatre suites n’ont rien compris, et même pas Le Monde Perdu alors que c’est le seul qui était aussi réalisé par Spielberg. Non, en réalité, Jurassic Park, ça n’a jamais été à propos des dinosaures. Pardon ?!

Non, Billy, souviens toi de ce que je disais au début de la critique. Jurassic Park, c’est la consécration de la saga de l’enfance de Spielberg. C’est le bouquet final. Ce n’est pas à propos des dinosaures, mais à propos de la fin de notre enfance. Au final, ce n’est qu’un rêve de gosse. John Hammond n’est que la réincarnation milliardaire de Don Quichotte ; comme démontré par cette scène émouvante où il prend un repas avec Ellie Sattler. Tout ce qu’il voulait, c’était que ses rêves soient vrais. Qu’il puisse voir, toucher des vrais dinosaures. Et que tout le monde puisse partager ce rêve. Hammond vit dans une illusion ; il n’est dans le fond qu’un enfant dans un corps de vieillard, tout comme Alan en est un dans un corps d’adulte. Mais avec le désastre du parc, ils comprennent tous les deux qu’il est temps de laisser leur enfance derrière eux. Les rêves ont plus de saveur s’ils restent oniriques, non ?

C’est pour ça qu’à la fin, ils quittent tous l’île au son du thème de Jurassic Park joué au piano mélancoliquement. Vers le soleil, tel le héros de Cervantès, part Don Hammond de la Nublar.

The End.

LE MOT DE LA FIN

Jurassic Park est une légende du cinéma, qui ne pourra jamais être égalée ni surpassée dans son domaine. Je n’ai rien à rajouter. Lâcher de micro.

Les Pubs sont des articles dont le sujet est choisi par les lecteurs via des sondages sur la page Facebook du 7ème Café, abonne-toi pour pouvoir voter !

Note : 9 / 10

« MALCOLM – La vie trouve toujours un chemin. »

Bonjour, auriez vous un instant pour parler de notre seigneur et maître Raptor Jésus ?

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à Universal Pictures, et c’est très bien comme ça.

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