Le Pub (Mai 2018) – Les Aventuriers de l’Arche Perdue

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal a 10 ans aujourd’hui. Hé oui.

Nous sommes le 21 mai 2018 Billy, et aujourd’hui ça fait 10 ans précisément que la franchise Indiana Jones s’est arrêtée. Enfin, provisoirement, puisqu’un cinquième film est censé arriver d’ici un ou deux ans, mais bref. 10 ans, ça ne me rajeunit pas. J’étais encore en primaire à l’époque… Mais un autre que ça ne rajeunit pas, c’est bien évidemment Indiana Jones lui-même, car aujourd’hui le personnage n’a pas 10 ans, mais 37. Et sa première apparition était dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue, en 1981…

Ose me dire que tu n’as pas la musique dans la tête maintenant, Billy.

LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE

Réalisateur : Steven Spielberg

Acteurs principaux : Harrison Ford, Karen Allen

Date de sortie : 16 septembre 1981 (France)

Pays : États-Unis

Budget : 18 millions $

Box-office : 389,9 millions $

Durée : 1h55

« Être ou ne pas être, telle est la question. »

LA NAISSANCE DE LA LÉGENDE

Quand on pense Indiana Jones, on pense Harrison Ford, fouet, chapeau, veste en cuir, aventure, trésors et tin tinlin tin, tin tinliiiiiiin (C’est le thème d’Indiana Jones, au cas où ce n’était pas clair). Il est indéniable que l’archéologue aventurier est une véritable légende et que tout le monde le connaît, même sans avoir vu les films.

Et cette légende, elle se crée dès la scène d’introduction, et de façon totalement volontaire par Steven Spielberg. C’est à dire qu’il y a cette volonté dès le départ de mystifier Indiana Jones : on ne le voit que de dos, ou dans l’ombre, pendant les cinq premières minutes du film, et ça contribue à créer une sorte d’attente envers le personnage. Qui est donc ce mystérieux héros, cette silhouette chapeautée qui avance bravement dans la jungle, éloigne les chauves-souris d’un revers de la main et désarme les traîtres à coup de fouet ? C’est seulement la première apparition d’Indiana Jones et toute une hype se crée déjà autour de lui. Donc quand Harrison Ford s’avance dans la lumière, le pari est déjà gagné, le spectateur est déjà conquis, alors que ça ne fait que cinq minutes qu’on connaît le héros. La légende vient de naître sous nos yeux.

Et toute la scène d’introduction, c’est à dire ces cinq minutes de montée d’adrénaline, puis les dix minutes suivantes dans le temple amérindien, va servir à établir tous les éléments que je citais en début d’article, tout ce qui définit Indiana Jones. Il s’aventure dans des endroits perdus, armé de son célèbre fouet et coiffé de son inséparable fédora, à la recherche d’artéfacts mystiques antédiluviens. Au cours de son périple, il doit affronter des pièges, repousser chauves-souris et mygales, fuir les Indiens et les boulets de pierre géants, en courant à travers les toiles d’araignées et les lianes tout en évitant de se faire trahir par ses associés douteux. La scène nous présente aussi René Belloq (Paul Freeman), un collabo français rival de Jones, mais également comment Jones se tape tout le boulot d’aventurier – avec brio – pour au final se faire avoir sur toute la ligne, ce qui est à mettre en parallèle de la fin du film. C’est dynamique, c’est plein d’action et ce sont tous les éléments sur lesquels la légende repose dans l’imaginaire collectif. Et bien sûr, le tout complété par l’inoubliable thème de John Williams :

La première scène nous présente tout d’Indiana Jones : un peu comme Picsou, il est plus malin que les petits malins, plus dur que les gros durs, tout en restant honnête et carré. Sauf s’il y a des serpents. Mais bon, ça fait peur, les serpents.

Cours, Forrest, cours !

ET DIEU CRÉA SPIELBERG

Mais après tout, Les Aventuriers de l’Arche Perdue ne serait rien sans son inénarrable réalisateur, Steven Spielberg. Parce que, soyons honnêtes Billy, Spielberg est probablement de nos jours le plus grand héraut, si ce n’est héros, multigénérationnel que cette planète ait porté. Aujourd’hui quand on pense au cinéma américain divertissant pour les petits et les grands, quand on pense aux films qui font l’enfance de toutes les générations, on pense Spielberg. Et dans cette optique, Les Aventuriers de l’Arche Perdue et ses deux suites (on oublie le quatrième film, ça vaut pas la peine) constituent les fondations de ce que l’on pourrait appeler l’univers Spielberg.

En effet, les années 80 marquent un tournant majeur dans la carrière du réalisateur. Même s’il n’avait plus à faire ses preuves, ayant déjà sorti Les Dents de la Mer et Rencontres du Troisième Type la décennie précédente, Spielberg va réellement s’affirmer à partir des Aventuriers de l’Arche Perdue comme la référence absolue du Divertissement avec un grand D. C’est entre 1981 avec le premier film de la saga Indiana Jones et 1989 avec La Dernière Croisade que tout se joue ; la trilogie Indiana Jones structure l’évolution de Spielberg vers le panthéon de la gloire. C’est pendant cette période qu’il va pouvoir se faire la main, établir son style et devenir lui-même une légende vivante : en 1982, juste entre deux Indiana Jones, il sort E.T. l’Extraterrestre qui reste probablement encore aujourd’hui un de ses, peut-même son, meilleurs films. Qui plus est, Les Aventuriers de l’Arche Perdue recevra 8 nominations aux Oscars, dont Meilleur Film et Meilleur Réalisateur ! Et la saga Indiana Jones dans son ensemble, c’est un condensé de tout Spielberg : c’est l’aspect blockbuster des Dents de la Mer, c’est le rêve enfantin d’E.T., c’est parfois aussi les sujets sérieux de La Couleur Pourpre, … On doit Les Aventuriers de l’Arche Perdue à Spielberg, mais on doit aussi Spielberg aux Aventuriers de l’Arche Perdue.

Bien sûr, il n’était pas seul. Tout autour de lui était réunie une équipe dantesque, composée, entre autres, de l’immense Georges Lucas, créateur de Star Wars ; Lawrence Kasdan, scénariste visionnaire de plusieurs épisodes de Star Wars justement ; et évidemment le génialissime John Williams, compositeur de musiques de films et personne la plus nommée aux Oscars de tous les temps après Walt Disney avec 51 nominations. Que tu aies 7, 17 comme moi ou 77 ans Billy, c’est à ces gens là que tu dois ton enfance. Qu’on se le dise, ces gens ont créé notre monde. Mais qu’est ce qui les rend si spéciaux ?

Pour Les Aventuriers de l’Arche Perdue, le but était simple sur le papier : Rendre l’archéologie cool. Alors de fait, ça n’a pas l’air si compliqué, mais on parle quand même d’une science d’étude qui consiste à creuser des trous à la pioche et au pinceau pour reconstituer des artefacts brisés et les exposer dans un musée. Ça fait tout de suite moins glamour, et dans le genre « aventure » ça se pose un peu là – sans vouloir t’offenser Axel. Mais l’intelligence de notre petite bande est un scénario foisonnant, qui va donc ajouter à cette recherche d’artefact des notions de voyage autour du monde, d’aventure incroyable dans des contrées légendaires, de combat contre les méchants nazis et leurs amis collabos français… Sans oublier une ribambelle de personnages éclectiques, avec par exemple Sallah (John Rhyes-Davis, 20 ans avant d’être le nain Gimli du Seigneur des Anneaux) ou Marion Ravenwood (Karen Allen), qui est une femme forte – en 1981, on est seulement 3 ans après Alien et Ellen Ripley – qui boit comme un trou, met des poings dans la tronche des méchants et d’Indy, et se débrouille très bien toute seule. Un genre de Valkyrie avant l’heure quoi. Parsemons le tout de la musique inoubliable de Williams est le tour est joué !

Et puis la grande force de Spielberg dans tout ça, c’est de jouer avec les clichés – ou bien même d’en créer des nouveaux. Le personnage principal en est un exemple parfait : l’archétype du cowboy baroudeur qui brave tout et n’importe quoi coiffé de son éternel chapeau, un peu mal rasé, un peu mal coiffé, avec un nom totalement improbable « Indiana Jones ». Histoire d’enfoncer le clou, le film est même doté d’une scène de course-poursuite à cheval. Mais en même temps, Indy est aussi un professeur d’université totalement nerd qui s’extasie sur des babioles antiques et déblatère sa science devant le FBI, tout en perdant ses moyens quand une jeune étudiante lui fait des clins d’œil salaces. C’est ça, jouer sur les clichés. Toute la scène au Caire se fonde aussi là-dessus : se cacher dans un panier pour échapper aux méchants, le camion qui explose mais en fait c’était pas le bon panier dedans, le méchant avec un bandeau sur l’œil, et le combat de sabre qui finit (ou commence ?) avec Indy tirant sur le sabreur. Ce qui fait que Spielberg est un génie et non un débutant, c’est que son usage des clichés est purement maîtrisé et volontaire, s’il les emploie à tour de bras, c’est pour mieux en rire et les transcender. Mais mieux encore, Les Aventuriers de l’Arche Perdue va établir de nouveaux clichés, qui du coup n’en étaient pas du tout à l’époque ! Par exemple, le petit ouistiti allié aux méchants, c’est Spielberg. L’idée de « Ce tombeau sera votre tombeau » dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, c’est l’équivalent de ce que fait René Belloq à Indy dans le film, c’est du Spielberg ! Et je pourrais continuer encore et encore.

Bref, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, c’est bon, manges-en.

Karen Allen a vraiment mis un uppercut à Ford pour cette scène. C’était pas prévu, d’où leurs réactions !

TOUT ÇA POUR QUOI ?

Mais au fait, je discute, je discute, mais de quoi il parle concrètement ce film ? Nan parce que bon, on l’oublie souvent, mais autour de la scène d’introduction avec le boulet et la scène du sabre en gif ci-dessous, il y a aussi une histoire complète.

Indiana Jones est un archéologue aventurier professeur d’université américain. En 1936, il part à la recherche d’une idole perdue dans la jungle péruvienne. Après avoir traversé moult pièges et trahisons de ses coéquipiers, il récupère le bazar, mais se le fait voler au dernier moment par son rival René Belloq, puis est poursuivi par les Indiens locaux avant de s’enfuir à bord d’un hydravion. De retour à l’université, deux agents du FBI recrutent Indy pour retrouver un médaillon détenu par son ancien mentor, médaillon qui permet d’accéder à l’Arche d’Alliance, une relique biblique aux pouvoirs incommensurables recherchée par les nazis. Indy part donc au Népal, retrouver la fille de son mentor, Marion Ravenwood, qui a hérité du médaillon. Après une bagarre contre les nazis, Indy et Marion s’enfuient avec le médaillon vers le Caire, près duquel les fouilles archéologiques à la recherche de l’Arche ont lieu. René Belloq est là aussi, travaillant pour l’ennemi, Marion est enlevée, la cache de l’Arche est trouvée, les nazis s’en emparent, mais Indy fait sauter l’avion avant qu’il puisse partir vers Berlin. Du coup, l’Arche est emmenée par bateau avec Marion, et les nazis s’arrêtent sur une petite île pour accomplir un rituel ancien histoire de vérifier que l’Arche marche bien. Ils l’ouvrent, tout le monde meurt (oui bon au bout de 40 ans c’est plus des spoilers Billy hein, tant pis pour toi !) et Indy et Marion se sauvent avec l’Arche. Finalement, celle ci est récupérée par le FBI et tout redevient comme avant.

Bon, c’est très bien tout ça, mais… À quoi il a servi, Indy, exactement ? Si tu es familier avec le film Billy, tu connais déjà cette théorie qui stipule que Indiana Jones ne sert absolument à rien dans l’histoire. S’il n’avait pas été là, les nazis auraient quand même trouvé l’Arche, l’auraient quand même ouverte et seraient quand même morts. Et de fait… c’est pas faux. Reprenons depuis le début, ou plutôt après la scène d’introduction. Les nazis fouillent déjà près du Caire à la recherche de l’Arche. Si Indy n’avait pas été là, certes, ils n’auraient pas eu le médaillon, mais auraient éventuellement fini par trouver l’Arche en fouillant partout. De là, ils l’emmènent à Berlin en avion – qui n’explose pas puisqu’Indy n’est pas là -, l’ouvrent devant Hitler et tout le monde meurt, et la Seconde Guerre Mondiale est évitée. Ah. En fait si l’on y réfléchit, Indy a même aidé les nazis : il leur a trouvé le médaillon, il leur a déterré l’Arche… Et en empêchant l’avion de décoller, il a même sauvé Hitler ! Bon d’accord, j’extrapole peut-être un peu. Mais ça montre bien qu’on peut passer un excellent moment devant un film sans qu’il ait réellement d’intérêt au sens de l’histoire. Ce qui prime, c’est l’action et l’adrénaline. Dans tous les cas, ça laisse au moins à réfléchir sur la portée des films. Comme dirait un célèbre Youtubeur, Billy, prends le temps d’y penser.

Vite fait bien fait.

LE MOT DE LA FIN

Les Aventuriers de l’Arche Perdue, c’est un des plus grands films cultes de tous les temps. L’affiche est très loin de mentir quand elle affirme qu’on va assister au retour de la grande aventure. L’Aventure même, avec un grand A.

Les Pubs sont des articles dont le sujet est choisi par les lecteurs via des sondages sur la page Facebook du 7ème Café, abonne-toi pour pouvoir voter !

Note : 8,5 / 10

« INDIANA JONES – Des serpents. Fallait que ce soit des serpents. »

Déjà fini ? NEEEEEIN !

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à la Paramount, et c’est très bien comme ça.

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