Atypical – Une famille atypique

Être normal, c’est banal.

Salut Billy ! Comme tu as sûrement pu le remarquer, nous sommes en décembre, et qui dit décembre dit froid, pluie, neige et gilets jaunes : autrement dit on préfère largement rester au chaud chez soi à regarder la télé que de se lever le matin. C’est pour cela même que pendant la semaine à venir, je vais te faire découvrir deux séries géniales à regarder en famille dans le canapé pour passer ses froides soirées d’hiver. Deux séries semblables, mais différentes. C’est parti pour la première : Atypical.

Être normal, c’est banal. Je confirme.

ATYPICAL

Créatrice : Robia Rashid

Acteurs principaux : Keir Gilchrist, Jennifer Jason Leigh

Diffusion : 11 août 2017 – Aujourd’hui

Pays : États-Unis

Saisons : 2

Épisodes : 18

Durée par épisode : Entre 26 et 38 minutes

Un peu moins de dents, Sam, un peu moins de dents.

ANTARCTIQUE, NOUS VOILÀ

On connaît et/ou regarde tous des séries mettant en scène une famille dans sa vie quotidienne. The Middle me paraît le meilleur exemple du genre, mais les cas sont innombrables : les dynamiques familiales, c’est un sujet qui touche tout le monde et qu’on peut exploiter de milles façons différentes. La série d’aujourd’hui fait partie de celles-là. Mais qu’est ce qui fait d’Atypical une série différente de toutes ces autres, une série atypique ? (Jeu de mots très recherché, je sais).

Atypical est une série Netflix de deux saisons qui a débuté l’été dernier. Elle suit le personnage de Sam Gardner (Keir Gilchrist), un lycéen américain de 18 ans, et de sa famille : sa sœur Casey (Brigette Lundy-Paine), son père Doug (Michael Rapaport) et sa mère Elsa (Jennifer Jason Leigh). Mais j’y reviendrai. Ce qui fait la grande particularité de la série, c’est que Sam est autiste. Et c’est là que ça devient intéressant !

La série est d’une intelligence rare. Intelligence dans sa réalisation, dans son écriture, dans ses choix musicaux, dans ses thèmes abordés. Elle aussi habile dans la comédie que dans le drame et marie les deux avec une justesse formidable – un peu comme dans la vraie vie, finalement. Mais surtout, Atypical est intelligente dans sa représentation du spectre autistique. J’en ai déjà parlé avec The Good Doctor, mais présenter des personnages principaux autistes, d’une part ça se fait peu, d’autre part ce n’est pas forcément facile. Et là où la série médicale pêchait à de nombreux égards même si elle avait le mérite de la représentation, Atypical place la barre beaucoup plus haut et fait bien plus honneur aux personnes atteintes du syndrome. En même temps ce n’est pas étonnant, avec un scénariste et pas moins d’une dizaine d’acteurs autistes pour accompagner la série !

Néanmoins il serait incorrect de caractériser Atypical simplement comme une série sur l’autisme. Non, c’est bien plus que ça, et ce serait trop facile. Comme je l’ai dit en introduction, c’est une série familiale, dont le personnage principal se trouve être autiste, point. Ce n’est pas parce que Sam est autiste que toute la série tourne autour de ça, et ce n’est pas non plus pour ça qu’il représente toutes les personnes autistes. Comme l’acteur principal, Keir Gilchrist, l’a très bien dit lui-même en interview :

« C’est une personne qui est dans le spectre autistique. C’est un personnage très spécifique. »

Il ne faut pas confondre personnage et caractéristique. Sam ne se définit pas que par son autisme, c’est juste une de ses caractéristiques parmi tant d’autres, comme sa passion pour l’Antarctique qui permet dans chaque épisode de dresser des parallèles métaphoriques entre ce qui se passe dans sa vie et ce qui se passe sur le continent polaire. D’autant plus que l’autisme, c’est hyper vaste comme syndrome, et imaginer que Sam représente toutes les personnes atteintes du syndrome reviendrait à dire que je représente tous les critiques de cinéma ou que toi, Billy, tu représentes tous mes lecteurs. Euh attends, non ça c’est vrai. Bref. Je pense que s’il y a une seule leçon à tirer d’Atypical, c’est que nous sommes tous d’abord des personnes, complexes, peu importe nos caractéristiques prises séparément. Et ça, c’est beau.

C’est bien vrai Evan.

UNE FAMILLE EN OR

Mais tout ne tourne pas autour de Sam, d’ailleurs, car qui dit série familiale dit famille.

Et dans la famille Gardner, commençons avec Casey, la petite sœur de Sam. Derrière ses airs de rebelle renfrognée et caustique, le personnage de Brigette Lundy-Paine cache en réalité un cœur d’or et une ribambelle d’émotions diverses et variées. Avec son humour basé sur le sarcasme et le cynisme (ça me rappelle quelqu’un…) et ses instincts protecteurs envers son frère, Casey est un personnage à mille et une facettes très attachant. Son arc narratif est au second plan dans la première saison, mais elle prend beaucoup plus d’ampleur dans l’histoire dans la seconde, et le personnage prend des tournants très intéressants.

On continue ensuite avec Doug, le papa de la famille. Il est joué avec une justesse folle par Michael Rapaport, qu’on connaît principalement pour La Guerre à la Maison, une série du début des années 2000 qui avait lancé -tiens donc- la carrière de Rami Malek, l’acteur principal de Bohemian Rhapsody. Mais je digresse (gresse). Doug, donc, présente toutes les caractéristiques du papa : un peu bourru, qui n’exprime pas vraiment ses émotions, très lié à la fille sportive de la famille mais qui a du mal à communiquer avec son fils autiste. Il reste assez anecdotique dans la saison 1, laissant la lumière aux autres membres de la famille, mais la tendance s’inverse dans la saison suivante qui le place carrément au premier plan.

Et enfin dans la famille Gardner, je demande la mère, Elsa. D’abord, Jennifer Jason Leigh est une actrice formidable : elle était géniale dans Les Huit Salopards, elle était géniale dans Annihilation, elle est géniale ici. Mais surtout il y a réellement dans le personnage une complexité émotionnelle incroyable, qui lui offre un arc narratif sur les deux saisons qui est hyper intéressant. C’est d’ailleurs principalement pour ça que considérer qu’Atypical est juste une série sur l’autisme est une aberration. C’est, à mon avis, autant l’histoire d’Elsa que celle de Sam, et elles suivent des perspectives très différentes.

Puis autour d’eux gravite un ensemble de personnages absolument fantastique : Julia, la psychologue de Sam (Amy Okuda), Zahid l’ami un peu débile mais hilarant (Nik Dodani), Paige la première de classe névrosée (Jenna Boyd) ou encore Evan, le sympathique petit ami de Casey (Graham Rogers).

C’est moi qui te fait sourire comme ça ?

HISTOIRE D’AMOUR

Dans le fond, Atypical est une histoire d’amour. Pas une histoire d’amour dans le sens comédie romantique, dans le sens du garçon et de la fille qui tombent amoureux pour vivre heureux jusqu’à la fin des temps. Non, c’est l’amour au sens large du terme.

L’amour fraternel entre Sam et sa sœur, l’amour des parents pour leurs enfants, l’amour de l’amitié, l’amour après le mariage, l’amour de jeunesse, mais aussi l’amour charnel ou l’amour adultérin. Et bien sûr, le grand fil conducteur de la première saison : Sam qui cherche l’amour. L’amour a mille facettes.

Et c’est précisément là qu’Atypical devient réellement géniale. L’amour est un sentiment tellement complexe qu’on ne peut véritablement le cerner, et par conséquent le présenter à travers les yeux d’un personnage autiste, qui de fait a encore plus de difficulté que le commun des mortels à discerner les émotions, nous fait nous-même redécouvrir l’amour sous toutes ses formes. Si bien que l’on ne peut ressortir d’Atypical que le cœur léger – malgré cependant les drames qui secouent la série. S’il y a bien un message à retenir de la série, c’est comme disait Jésus « Aimez vous les uns les autres », comme disait le Premier Ministre dans Love Actually « Love, actually, is everywhere. » ou comme le chantaient les Beatles… « All you need is love. »

Tu le sens l’amour là, connasse ?

LE MOT DE LA FIN

Atypical est une série géniale. Tout le monde peut s’identifier aussi bien à Sam, Casey, Doug ou Elsa. Une histoire de famille, une histoire d’amour, … C’est la vie, quoi !

Note : 8,5 / 10

« SAM – Quiconque a dit que l’exercice rendait parfait était un idiot. Les humains ne peuvent pas être parfaits parce que nous ne sommes pas des machines. La meilleure chose que l’on puisse dire sur l’exercice est que ça nous rend… meilleurs. »

http://home.bt.com/images/atypical-136419610428602601
Un bon petit repas des familles…

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à Netflix, et c’est très bien comme ça.

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