2020 – UNE BELLE ANNÉE

Adieu 2020, et à jamais !

Quelle année. Oui, quelle année. Par où commencer ? J’aurais aimé que ma dénomination de 2019 comme « l’année des fins » n’eût pas été si prophétique. 2020 et sa pandémie interminable ont indéniablement su se placer parmi les pires années de – peut-être pas la pire, admettons, mais sans doute l’une des plus horribles de notre histoire récente à une telle échelle. Les restaurateurs, les secteurs culturels, les universités et bien évidemment les cinémas figurent parmi ceux que l’annus horribilis ont le plus touchés. En tant qu’étudiant cinéphile, autant dire que j’ai passé une belle année de merde.

Qu’importe, le cauchemar est terminé, en tous cas pour 2020 ; bonne année 2021 Billy ! L’heure, comme chaque année, de faire un point sur les 365 jours écoulés, côté séries, côté films, et côté 7ème Café bien sûr. Et toi, que retiens-tu de cette année ?

Je ne te le fais pas dire, Ian.

CÔTÉ SÉRIES

Faute d’ouverture des cinémas ou autres lieux culturels et de divertissement durant les périodes de confinement, la plupart d’entre nous s’est redirigée vers la douceur de nos écrans domestiques, favorisant les formats épisodiques plutôt que les longs-métrages – une tendance qui s’est d’ailleurs largement reflétée dans les vues du blog, comme on le verra plus avant. La prolifération des plateformes de streaming, entre Netflix, Amazon Prime, AppleTV et autres Disney+ n’y est évidemment pas pour rien non plus.

Difficile de ne pas mentionner en premier lieu la phénoménale dernière saison de Star Wars : The Clone Wars, longuement attendue, qui a mis fin avec brio aux arcs d’Ahsoka Tano, Maul et Mandalore dans une conclusion narrative épique. Mandalore dont on a évidemment réentendu parler dans la très plébiscitée The Mandalorian, bien que sa tendance aux épisodes filler et au fan-service surabondant et gratuit me refroidisse un peu.

Badass.

Les longues, très longues soirées de confinement ont pu donner lieu à des rétrospectives de The Office ou Community, mais surtout m’ont permis de découvrir les excellentes Modern Family et How To Get Away With Murder, cette dernière étant menée par l’inénarrable Viola Davis dont je n’aurais de cesse de chanter les louanges, tant elle est sans doute l’une des meilleures actrices de sa génération, sinon même l’une des meilleures tout court – on se souvient de son apparition remarquée dans United States of Tara. Les deux séries ont, elles aussi, pris fin en 2020.

Enfin, il va sans dire que la Palme d’Or des séries 2020 revient indéniablement à ce délire généralisé, à cette quintessence de la démence qu’est Tiger King. Joe Exotic, éleveur de tigres dans un zoo miteux du fin fond des États-Unis, se fait le personnage central de ce portrait rocambolesque. Arborant fièrement une splendide coupe mulet et une moustache à la Hulk Hogan, il vivait tranquillement sa vie entre collection d’armes à feu, maris multiples et employés qui se font dévorer le bras, avant de se retrouver en prison pour tentative d’assassinat. Un casting complété par une écologiste hypocrite qui a probablement tué son ex-mari et un gourou de secte tigro-centrée mégalomane, que demander de plus ? Et le plus ahurissant dans tout ça, c’est que c’est un documentaire.

Charmant.

CÔTÉS FILMS

Le double confinement a porté à mal la fréquentation des cinémas – en chute de 70% par rapport à 2019, avec 65 millions de spectateurs, le pire score de l’histoire du cinéma français, tout simplement. Aucun blockbuster américain, certes, mais pas non plus de cinéma indépendant, peu de films étrangers ; c’est tant mieux pour les films d’auteurs français, mais ça reste peu à se mettre sous la dent. L’année a été soutenue par un grand nombre de rediffusions de classiques, mais ça s’arrête là. Bien sûr, ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas eu de films, et beaucoup de festivals se sont tenus en version dématérialisée, faisant la part belle aux films indépendants, documentaires et expérimentaux auxquels l’absence de blockbusters a laissé le champ libre.

On pourrait penser que les confinements auraient permis de voir plus de films, puisqu’on était tous chez nous, mais ce ne fut pas vrai dans mon cas. Comme démotivé par l’impossibilité de me déplacer en salles, sans plus attendre aucune sortie, j’ai vu moins de films qu’escompté, passant parfois plusieurs semaines sans en regarder un seul… L’annulation du Festival du Film d’Amiens, l’évènement de 2020 que j’attendais le plus, à deux semaines à peine de son ouverture à cause du reconfinement, a achevé de me miner le moral. 2020 fut donc une année en deçà des précédentes, avec 101 films visionnés, certes, mais parmi lesquels 27 courts-métrages, à peine 15 films de 2020 et seulement 7 séances de cinéma – contre les plus de 30 habituelles.

Comme chaque année, tradition oblige, le premier film fut visionné en salles, et ce fut Au feu, les Pompiers ! de Miloš Forman, délicieuse comédie satirique tournée en 1967. Et puis évidemment, plein de visionnages en prévision des Oscars, avec en vrac Marriage Story, Le Mans 66, Les Filles du Docteur March, Judy, Les Deux Papes, Jojo Rabbit et les excellents The Irishman et 1917, ce dernier restant parmi les meilleurs longs-métrages de l’année.

Cours, Forrest !

Très peu de blockbusters cette année, avec un passage discret de Birds of Prey juste avant le confinement, mais évidemment celui que tout le monde retiendra est la dernière folie de Christopher Nolan, Tenet, rush d’adrénaline dont le cinéma avait bien besoin en cet été trop paisible. Quelques mois plus tard, c’est le génial Adieu les Cons de notre Dupontel national qui a pris la tête des séances de cinéma juste avant leur refermeture – là encore, une brise bienvenue.

Quelques rétrospectives tout de même, avec en salles une superbe restauration de l’immense Elephant Man de David Lynch, et à la maison quelques visionnages notables, entre une première incartade chez Tarkovski avec Stalker, ainsi que le rite de passage D. W. Griffith avec une double séance Naissance d’une Nation et Intolérance. Impossible de ne pas mentionner au passage également Citizen Kane que j’ai visionné pour la première fois, et revu deux fois depuis – c’est le minimum syndical pour le meilleur film de tous les temps, non ?

https://www.journaldugeek.com/files/2013/10/SlowClap.gif
Réaction à chaque visionnage du film.

Citizen Kane dont on a évidemment beaucoup entendu parler avec la sortie sur Netflix de Mank, l’ode à un Hollywood révolu de David Fincher, qu’on retrouvera sans doute en avril aux Oscars 2021. Comme les salles étaient fermées, la plateforme de streaming a pris les devants, et on notera aussi le très nerveux Uncut Gems qui a fait grand bruit en début d’année grâce à son Adam Sandler à contre-emploi.

2020 a aussi été pour moi une grosse année documentaire, où j’ai pu parfaire mes connaissances de ce genre cinématographique duquel je suis tombé amoureux tant il est méconnu et regorge de pépites insoupçonnées. Deux mentions spéciales, avec d’un côté Dawson City : Le Temps Suspendu, sorti en salles par miracle, ma pénultième séance de l’année, et le magnifique Honeyland venu tout droit de Macédoine, qui émerveille par la beauté de ses images et la profondeur de son message.

https://filmkrant.nl/wp-content/uploads/2019/12/honeyland-1000x563.jpg
Splendide.

Les deux coups de cœur que je retiendrais en 2020, c’est tout d’abord Last and First Men, un film de science-fiction expérimental que tu n’as sans doute pas vu. Réalisé par le regretté Jóhann Jóhannssonn, cette odyssée unique en son genre nous abreuve pendant un peu plus d’une heure de la voix inimitable de Tilda Swinton nous contant les récits de civilisations postérieures à l’humanité, leur gloire, et leur extinction. Le tout est illustré par des images abstraites en noir et blanc granuleux, au son d’une bande originale tout droit sortie d’un autre monde. Une véritable expérience sensorielle qui extrapole et complète à merveille le premier film du réalisateur, End of Summer. « Nous, les 18èmes, sommes les derniers Hommes… »

Et puis évidemment, l’énorme coup de cœur, le meilleur film de l’année à mon sens, c’est Soul, le dernier Pixar, qui est arrivé de nulle part le jour de Noël et s’est imposé comme le paroxysme du cinéma d’animation de ces dernières décennies. Une sorte d’apothéose, de bouquet final à la fois visuel et thématique de tous les films qui l’ont précédé, qui nous fait revenir à l’essentiel et nous offre la leçon la plus importante d’entre toutes. Absolument immanquable.

J’en suis encore tout ému.

CÔTÉ 7ÈME CAFÉ

Et puis, que s’est il passé sur le blog en 2020 ?

Le 7ème Café en 2020, c’est 25 098 vues pour 18 899 visiteurs, une augmentation de 632% de la fréquentation du site, soit une moyenne de 69 vues par jour. Évidemment, le confinement y est pour beaucoup, avec une forte progression à partir de mars puis une redescente en juin lors du déconfinement, et de nouveaux records en novembre et décembre avec le reconfinement. Même si l’année a été un peu plus pauvre faute de visionnages et de motivation, ce sont tout de même 41 articles qui ont été publiés, réunissant 178 J’aime et 98 commentaires. Merci infiniment pour ça Billy !

L’année avait bien commencé avec l’un de mes coups de cœur de 2019, The Lighthouse, tandis que la série phare (Lighthouse, phare, tu l’as ?) du blog, les critiques alphabétiques, a continué avec deux nouveaux articles, I comme Intolérance et J comme Jackie ; et on a également vu plusieurs Pubs avec, dans l’ordre, The Irishman, Frankenstein, Alien et Stalker.

Évidemment, comme chaque année on s’est penchés sur les Oscars avec un très grand cru cette fois-ci qui a abouti à la consécration très attendue de Parasite, et on a aussi beaucoup parlé courts-métrages avec pas moins de neuf Expressos, dont une poignée à l’occasion de la Fête du Court-Métrage 2020, en plus de ceux sur Le Vent et les excellents films scientifiques de Jean Painlevé.

En plus de ça, on retiendra une mise à jour de mes 100 films préférés et le top 45 des films selon le Vatican, ainsi que deux chroniques, un coup de gueule à propos de Star Wars et la présentation de la plateforme MUBI qui m’a énormément servi cette année et a alimenté pas mal de critiques.

L’un des nombreux films vus sur MUBI en 2020.

2020 a enfin vu l’apparition de deux nouveaux formats d’articles, avec d’un côté les Cafés Gourmands, florilèges de plusieurs courtes critiques autour d’un même thème, et de l’autre les Scène 7, une série d’analyse de scène qui propose quelque chose d’un peu différent de ce que je fais d’ordinaire.

Et puis à côté de ça, c’est encore bien sûr plein de critiques dont je suis très fier, qui nous ont fait voyager dans le temps et tout autour du monde – un tour en Espagne avec L’Esprit de la Ruche, un séjour thaïlandais avec Ashes, un détour surréaliste L’Année Dernière à Marienbad, un retour en France aux côtés de 8 Femmes, une ballade sur le front allemand dans À l’Ouest, Rien de Nouveau, et évidemment une longue évaluation de ce qui est considéré comme le meilleur film de tous les temps, Citizen Kane.

Sans oublier une belle sélection documentaire avec le merveilleux Honeyland, le fascinant Pharos of Chaos, l’effroyable Leçons de Ténèbres, le très riche Dawson City : Le Temps Suspendu, et surtout ce qui constitue pour moi l’un des films les plus importants du genre, Hoop Dreams. Et pour conclure, un retour sur quelques unes de mes séances de cinéma en salles, quand même, avec la rétrospective Elephant Man, puis les sorties de Tenet et Adieu les Cons. Et bien sûr, pour conclure l’année en beauté, l’inénarrable Soul ! Une bien belle année tout de même.

Wouhou, grosse teuf !

Alors voilà, 2020, c’est fini. 2021 est encore incertaine, et il est difficile de savoir quelles séries et quels films on pourra voir durant l’année ; alors que les salles de cinéma n’ont toujours pas de date de réouverture à l’heure où j’écris ces lignes. J’espère tout de même pouvoir rattraper certains reports de 2020 et découvrir The French Dispatch et autres Dune, entre autres !

Côté 7ème Café, je ne sais pas encore de quoi l’année sera faite, mais tu peux déjà être sûr que l’on retrouvera quelques critiques alphabétiques (K, L, M ?), des Expressos, des Pubs – même s’ils se font de plus en plus rares au fil des ans – et pourquoi pas des tops, des Cafés Gourmands et des Scène 7. Les évènements de l’année seront évidemment les Oscars, et sans doute également la Fête du Court-Métrage et le Festival du Film d’Amiens (s’il n’est pas annulé…), des rendez-vous qui sont désormais traditionnels ici ! Et puis j’espère quelques chroniques, dont – petit spoiler – l’une est déjà en cours d’écriture, à propos de la vaste question : quel est le meilleur film de tous les temps ?

Tout ça pour te souhaiter une excellente année 2021 Billy, et surtout un grand merci à chacun des lecteurs qui viennent lire ne serait-ce qu’un article. Je ne le dirai jamais assez, mais bien que j’écrive principalement pour moi, c’est toujours un plaisir et un honneur d’être lu – quel que soit le nombre de vues d’un article, 10 ou 10 000 – et chaque J’aime et chaque commentaire suffit à me donner le sourire et m’encourage à continuer.

Le mot de la fin, c’est de surtout continuer à regarder des films, à explorer, à découvrir, et, dès que possible, retourner dans nos très chers cinémas. Que la saison 2021 du 7ème Café commence !

À la recherche de 2021.

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à leurs ayant-droits respectifs, et c’est très bien comme ça

2 commentaires sur “2020 – UNE BELLE ANNÉE

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :