L’Expresso – Blackstar (2015)

Fête du Court-Métrage 2020, jour 5 : en avant la musique.

Salut Billy, et bienvenue au 7ème Café ! Du 25 au 31 mars 2020, c’est la Fête du Court-Métrage dans toute la France ; un évènement annuel destiné à tous, dans le but de faire découvrir ou redécouvrir tout ce que le format court a à offrir au cinéma. Cette année, coronavirus oblige, les projections ont été annulées, mais qu’à cela ne tienne ! Le site de l’évènement a mis en ligne un lecteur qui donne accès gratuitement pendant toute la semaine – et seulement cette semaine – à la sélection. Ce sont donc près de 80 films qui sont à découvrir ! Pour avoir toutes les infos, la programmation et avoir accès au lecteur, rendez-vous sur le site officiel de la Fête du Court-Métrage ou découvre le programme ici.. Pour ma part, ce sera 7 jours, 7 courts, pour une semaine complète d’Expressos de réalisateurs et réalisatrices de talent. Plongeons dans l’inconnu et dans le monde de l’étrange avec l’ésotérique Blackstar de David Bowie !

Comme nous l’avons vu hier avec Le Moine et le Poisson, la musique peut jouer un rôle prépondérant au cinéma, rythmant et sublimant le déroulement de la pellicule. Mais de la même façon, le cinéma peut lui aussi jouer un rôle prépondérant dans le monde de la musique, à travers les clips. Le clip musical est devenu au fil des décennies une forme de cinéma à part entière, allant jusqu’à réunir des milliards de vues sur YouTube ou devenant aussi culte que la chanson à laquelle il est associé – « Thriller » de Michael Jackson, « Take On Me » de a-ha, « Chandelier » de Sia ou encore « Bohemian Rhapsody » de Queen, pour ne citer qu’eux.

L’artiste David Bowie fut l’un des pionniers du clip musical, expérimentant avec le médium dès le début des années 1970, avant de marquer un tournant décisif avec le clip de « Ashes to Ashes » en 1980, qui, avec ses décors gigantesques, sa cinématographie travaillée, et son budget faramineux de 582 000 $, affirme le clip comme bien plus qu’une simple illustration de la musique qu’il accompagne. À partir de là, Bowie tournera des clips légendaires jusqu’à son dernier album, et ses deux morceaux phares ; le tragique « Lazarus » et le monumental « Blackstar ».

« In the villa of Ormen, in the villa of Ormen, stands a solitary candle… »

Le court-métrage s’ouvre sur le cadavre d’un astronaute, perdu au milieu d’un paysage rocailleux et désolé, toujours vêtu de sa combinaison spatiale arborant fièrement un petit smiley – qui n’est pas sans rappeler le visage du robot GERTY, personnage du film Moon réalisé par le fils de Bowie, Duncan Jones. En arrière-plan, une étoile noire étincelle. Une femme à queue de féline s’avance et s’empare du crâne du défunt pour le ramener dans une cité mystérieuse pour une cérémonie rituelle. Un homme aveugle et trois jeunes gens dansent frénétiquement dans un grenier. Une bougie brûle. Un prêtre brandit un carnet ésotérique. Dans un champ aux couleurs iridescentes, trois crucifiés attendent la mort et se lamentent. Puis une dernière image, subliminale. .

« Blackstar » marque avant tout par sa durée pharaonique de presque dix minutes, la limite temporelle pour que la chanson puisse être diffusée en intégralité sur iTunes. Dix minutes de mise en scène splendide et d’images extraordinaires montées au rythme des instruments lancinants du morceau étrange. On nage en plein surréalisme. Bowie met ici l’emphase sur les symboles et l’évocation, autant dans les paroles que dans les images, et nous invite dans un monde de science-fiction mystique et épique.

« Something happened on the day he died, spirit rose a metre then stepped aside… »

Beaucoup reste encore à découvrir et à comprendre dans ce clip et surtout dans cet album, révélé deux jours à peine avant que Bowie nous quitte le 10 janvier 2016, à 69 ans, terrassé par un cancer du foie. Difficile alors de ne pas interpréter « Blackstar » comme un baroud d’honneur, un bouquet final extravagant comme une envolée à travers les étoiles (noires), avant le chant du cygne testamentaire qu’est « Lazarus ».

Difficile aussi de ne pas voir dans le personnage du cosmonaute l’inénarrable Major Tom, perdu à la dérive dans sa capsule à la fin de la chanson « Space Oddity ». Ce sont les adieux au personnage phare du chanteur, dont le crâne est récupéré par ces extraterrestres tel un héritage qui continue de survivre au delà de la mort, remplacé par Button Eyes, le prophète aveugle, un bouton cousu sur chaque œil comme les trépassés. Voici une étoile qui s’éteint à jamais pour mieux renaître dans l’éternité.

« I’m a blackstar, I’m a blackstar… »

Pour retrouver les autres critiques publiées à l’occasion de la Fête du Court-Métrage 2020, clique ici !

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/41J7-KL5qxL.jpg
L’Étoile Noire. De Star Wars ?

— Arthur

Un commentaire sur “L’Expresso – Blackstar (2015)

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :