L’Expresso – The Ghost of Slumber Mountain (1918)

Un voyage à travers le temps vers une époque où tricératops et tyrannosaures régnaient sur Terre.

Les films de monstres géants, ça ne date pas d’hier. Bien avant les créatures de Godzilla Resurgence ou même King Kong, on trouvait déjà des dinosaures au cinéma. Le film d’aujourd’hui n’est pas tout à fait LE tout premier à inclure des lézards terribles, puisque ce titre revient au Force Brute de D. W. Griffith sorti en 1914. Mais en 1918, il reste un énorme précurseur et va surtout être l’œuvre qui va lancer son réalisateur Willis O’Brien, un pionnier des effets spéciaux des films de monstres. Mon cher Billy, prépare-toi à voyager à la fois 100 ans et 100 millions d’années en arrière avec The Ghost of Slumber Mountain

Le film est en deux parties, partie 1 ci-dessous ou ici, et partie 2 ici.

Drôle d’histoire que celle de The Ghost of Slumber Mountain. À l’instar de Georges Méliès, comme je le disais quand j’évoquais Le Voyage à travers l’Impossible, Willis O’Brien a exercé à peu près tous les métiers possibles et imaginables – cowboy, fermier, ouvrier, tenancier de bar, agent des chemins de fer, dessinateur pour un architecte, sculpteur et même boxeur professionnel – avant de devenir un homme de cinéma. C’est en 1915 dans le cadre de son boulot en tant que sculpteur qu’il a l’idée de modeler un petit dinosaure et un petit homme des cavernes, et qu’il essaye de les animer en stop-motion, c’est à dire en animation image par image en bougeant les modèles imperceptiblement à chaque fois pour donner l’illusion du mouvement.

Repéré par un magnat local, il va être commissionné pour réaliser des courts-métrages, notamment son premier The Dinosaur and the Missing Link en 1915, puis quelques autres films pour la Edison Company en 1917. Il devient lentement mais sûrement LA référence en termes de dinosaures pour le cinéma américain. En 1918, il est approché par le producteur Herbert M. Dawley, qui réquisitionne ses talent pour raconter l’histoire d’un homme qui, grâce à la machine extraordinaire d’un vieil ermite défunt, arrive à voir dans le passé et peut observer des créatures préhistoriques. C’est la naissance de The Ghost of Slumber Mountain.

Sauf que voilà, tout ne va pas se passer comme prévu. Slumber Mountain devait être le premier long-métrage d’O’Brien, et après avoir tourné le film avec Dawley et animé toutes ses scènes de dinosaures, il atteignait les 40 minutes. Mais, il y a toujours un mais. Très mécontent du résultat, et possiblement après s’être disputé avec le réalisateur, Dawley décide de couper la moitié du film, si bien qu’il ne restera finalement qu’un peu moins de 19 minutes de pellicule. Ah bah bravo Herbert. Bravo.

Et pourtant. Le film prouva être un gros succès, amassant environ 100000$ contre son budget de 3000$ – aujourd’hui ça correspondrait à environ 1,6 millions de dollars, un bon résultat pour l’époque. O’Brien établira par ailleurs définitivement sa réputation, ce qui le mènera à devenir le plus grand pionnier des effets spéciaux de la première moitié du XXème siècle, travaillant ensuite sur le génial Monde Perdu de 1925 et le célèbre King Kong de 1933 et recevant un Oscar des Meilleurs Effets Spéciaux bien mérité en 1950 pour Monsieur Joe.

Car bien évidemment, même si toute l’histoire des personnages humains est amusante bien que classique, les stars de The Ghost of Slumber Mountain sont bien ses dinosaures. Et quand bien même on est bien loin d’un Jurassic Park près de 70 ans plus tard, les lézards terribles d’O’Brien n’ont pas à rougir face à leurs descendants numériques et animatroniques. Les modèles de stop-motion ont réellement un certain charme désuet, et même si clairement il ne font plus peur à personne, ils gardent tout leur potentiel de fascination. On observe çà un brontosaure paissant dans un sous-bois, là un Gastornis se délectant d’un petit serpent ; mais le clou du spectacle, c’est bien entendu le combat entre le tricératops et le tyrannosaure – combat dépeint sur l’affiche du film, et qui préfigurera une longue et glorieuse série de duels de dinosaures au cinéma.

Finalement, c’était Willis O’Brien, le vrai roi des dinosaures !

https://cinefex.com/blog/wp-content/uploads/2014/05/Ghost-Slumber-Mountain-Poster.jpg
C’était quand même quelque chose, les affiches il y a 100 ans…

— Arthur

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