Le Pub (Novembre 2018) – Doctor Strange

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Après Strawinsky, il me fallait un excellent médecin pour soigner mes ulcères à l’estomac. Et heureusement pour moi, Marvel nous a présenté en 2016 un docteur définitivement pas comme les autres, docteur que tu m’as toi-même recommandé Billy pour cette nouvelle critique du public. Alors sans plus attendre, voici Doctor Strange !

Tu pètes la classe, Benedict.

DOCTOR STRANGE

Réalisateur : Scott Derrickson

Acteurs principaux : Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton

Date de sortie : 26 octobre 2016 (France)

Pays : États-Unis

Budget : Entre 165 et 236,6 millions $

Box-office : 677,7 millions $

Durée : 1h55

Strange
Oh yeah !

DE LA DIFFICULTÉ D’ARRIVER APRÈS L’ORAGE

Doctor Strange, c’est le 14ème film du Marvel Cinematic Universe, deuxième film de la phase III, sorti fin 2016 juste entre Captain America : Civil War et Les Gardiens de la Galaxie vol. 2. Mais surtout, c’est le tout dernier héros en date à être introduit dans les films Marvel – sans compter Captain Marvel que nous découvrirons en mars prochain. Parce que même si Spiderman et Black Panther ont eu droit à leur film après Doctor Strange (respectivement en juillet 2017 et février 2018), ils apparaissaient tous deux dans Civil War quelques mois avant. Donc Docteur Strange, c’est littéralement le dernier héros qui sort totalement de nulle part. Et introduire un nouveau personnage aussi tard dans la chronologie, surtout un personnage qui se révèlera crucial dans Infinity War deux années après, c’était pas gagné d’avance.

D’autant plus que Doctor Strange sert aussi d’introduction à la dernière Pierre d’Infinité, la Pierre du Temps (je compte pas la Pierre de l’Âme pour les raisons que tu connais, Billy), alors que toutes les autres avaient été introduites avant ou pendant la phase II. Et comme si c’était pas assez, il fallait aussi faire apparaître la magie dans l’univers Marvel. La totale.

Et en soi, le film n’a pas vraiment de lien avec le reste du MCU. Outre la Pierre d’Infinité, on compte une référence aux Avengers et une mention du Colonel Rhodes, aka War Machine, qui s’est explosé la colonne vertébrale après son accident dans Civil War. C’est tout. Tout le reste, c’est de la nouveauté. En clair, ils avaient pas intérêt à se rater.

Le récit suit le Dr. Stephen Strange (Buckingham Cataracte), un neurochirurgien brillant et arrogant qui perd l’usage de ses mains suite à un grave accident de voiture. Déterminé à guérir à tout prix pour retourner au travail, il enchaîne les opérations infructueuses et dépense des sommes d’argent folles. C’est alors qu’il est envoyé dans la mystérieuse citadelle de Kamar-Taj, au Népal, où un être tutélaire nommé l’Ancien (Tilda Swinton) va lui enseigner l’usage des arts mystiques pour guérir son corps, mais aussi son esprit. Cependant, à l’extérieur, la menace du zélote dissident Kaecilius (Mads Mikkelsen) gronde…

Tiens donc, un riche connard arrogant et brillant qui a un accident quasi-mortel et devient par sa guérison un superhéros vertueux, ça me rappelle quelqu’un… Mais qui ?

Pardon ?

BEETLEJUICE FRUMBLESNATCH

Bah oui, qu’on le veuille ou non, Docteur Strange est le nouveau Iron Man. Sauf que pour arriver à devenir le héros que l’on connaît aujourd’hui, ce dernier a eu 3 films persos et 2 Avengers (je compte pas Civil War puisqu’il ne modifie que les dynamiques internes aux Avengers). Docteur Strange, lui, devait passer d’un odieux connard à un modèle d’héroïsme en seulement une heure et 55 minutes. Et surtout, il fallait quelqu’un qui puisse tenir tête à Robert Downey Jr. qui n’est quand même pas n’importe qui.

Et c’est pour ça que le film doit beaucoup à Broccoli Crumblepie. Non seulement c’est un acteur de génie (Sherlock, Le Hobbit, Star Trek Into Darkness, The Imitation Game) mais en plus c’est comme si le rôle avait été fait pour lui ! Benetton Cumberbound excelle autant lorsqu’il incarne un salopard que quand il joue la rédemption de Strange. Il occupe l’espace et envahit l’écran de son charisme à rendre dingue les Cumberbitches (surnoms des fans de l’acteur).

Cependant, il ne faut rien enlever aux autres acteurs et actrices du film qui sont plus talentueux les uns que les autres. Chiwetel Ejiofor et Rachel McAdams sont convaincants dans leurs rôles respectifs de Baron Mordo et de Dr. Palmer, Mads Mikkelsen est un antagoniste tout en finesse mystique et Benedict Wong, qui joue Wong – comme par hasard – et qui semble vouloir apparaître dans tous les films dont je parle ici (Moon, Annihilation, Blade Runner 2049 et évidemment Infinity War), apporte un humour bienvenu et une sagesse indéniable à l’ensemble.

Mais surtout, je ne peux tarir d’éloges à l’égard de Tilda Swinton et de son personnage d’Ancien. Elle est juste extraordinaire et vole complétement toutes les scènes où elle apparaît – de la séquence d’introduction ahurissante à cette formidable discussion face aux éclairs ralentis. J’adorais déjà l’actrice avant (Narnia, Burn After Reading, The Grand Budapest Hotel, Okja pour ne citer qu’eux) mais là elle est parfaite : badass et élégante à la fois, sage et surpuissante en même temps. Il fallait bien ça pour répondre à Botanique Cumbersnatch. Savoir transcender les scènes face à un acteur qui a une telle présence à l’écran, c’est un tour de force difficile à accomplir, et le défi est relevé avec brio.

C’est pas faux.

À TRAVERS LE TEMPS ET L’ESPACE

Mais ne t’y trompe pas Billy, Doctor Strange est loin d’être un Marvel comme les autres, et il a encore beaucoup de choses à offrir.

Le film tout entier est une réflexion sur la relativité de l’espace et du temps. Le premier cas est exploité à travers les visuels de la magie des dimensions noire et miroir, quand l’Ancien et Kaecilius s’amusent à tordre le monde réel selon leur volonté, pliant New York en quatre dans des scènes époustouflantes qui ne sont pas sans rappeler l’inénarrable Inception de Christopher Nolan. Les repères spatiaux n’ont pas de pertinence dans Doctor Strange, le haut, le bas, la gauche et la droite ne sont que des variables imprévisibles dont se jouent les sorciers.

Mais bien évidemment, c’est le temps qui occupe le premier plan ici. Après tout, c’est bien la Pierre du Temps qui se trouve à Kamar-Taj ; la Pierre de l’Espace était dans le Tesseract du premier Captain America. Tout est question de temps. Le passé, le présent, le futur et l’infini s’entrechoquent au gré des aléas de la Pierre d’Infinité verte. Mais à quelle fin ?

La quête ultime de Kaecilius est l’immortalité. Mais l’absence de temporalité est bien le véritable ennemi du film. Elle est la caractéristique principale de Dormammu, entité antédiluvienne qui règne sur la Dimension Noire. Puisque, comme le rappelle l’Ancien…

« L’ANCIEN – La mort est ce qui donne un sens à la vie. »

Et dans le film, la mort est omniprésente. De nombreux sorciers succombent face à Kaecilius et ses zélotes, pour protéger leur sanctuaire. Strange lui-même manque de mourir dans son accident de voiture au début du film. Même dans la première scène où le docteur apparaît, il opère un patient qui avait été à tort déclaré en état de mort cérébrale par un collègue. Le combat final contre Kaecilius – et par extension Dormammu – est représentatif de cette vision. Et sans en dévoiler trop, c’est aussi exactement le message que porte Strange dans Infinity War. Ses actions ne sont que la continuité de l’enseignement de l’Ancien ici : c’est précisément parce que le temps nous est compté qu’il est précieux.

On a pas le temps de jouer, Benedict.

LE MOT DE LA FIN

Doctor Strange est un film qui ne ressemble à aucun autre au sein du MCU. Porté par un univers magique hallucinant et la performance parfaite de Budapest Cucumber, il nous fait découvrir un nouveau pan de l’univers Marvel et se dote d’une morale forte : ne regarde pas ton téléphone en conduisant ou tu deviendras le protecteur magique de la Terre. Attends, c’est pas du tout une bonne morale ça ?!

Les Pubs sont des articles dont le sujet est choisi par les lecteurs via des sondages sur la page Facebook du 7ème Café, abonne-toi pour pouvoir voter !

Note : 7,5 / 10

« L’ANCIEN – La mort est ce qui donne un sens à la vie. »

Je vais peut-être arrêter la drogue moi…

— Arthur

Tous les gifs et images utilisés dans cet article appartiennent à la Walt Disney Company, et c’est très bien comme ça.

3 commentaires sur “Le Pub (Novembre 2018) – Doctor Strange

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  1. Je valide les éloges sur cet essai psychédélico-ésotérique de la maison Marvel. Manque un chouya d’absurde pour faire de ce trip un vrai moment de bonheur absolu, les moines zen de l’Himalaya étant un peu trop sérieux à mes yeux (et pourtant j’aime beaucoup Tilda).
    C’est d’ailleurs peut-être dans cet outre-espace à la temporalité malléable que l’on trouvera les solutions qui permettront de contrer l’application du nouvel ordre cosmique de Thanos.
    Chouette article au passage.

    Aimé par 1 personne

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